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Oncologie

Grain de beauté et mélanome : pourquoi le soleil n’est pas le seul risque

Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont identifié 29 régions génétiques associées au nombre de grains de beauté, dont certaines pourraient aussi être liées au risque de mélanome de la peau.

Grain de beauté et mélanome : pourquoi le soleil n’est pas le seul risque Liudmila Chernetska/iStock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont analysé les données génétiques de plus de 85.000 personnes d’origine européenne.
  • Ils ont ainsi identifié 29 régions génétiques associées au nombre de grains de beauté et 255 gènes potentiellement impliqués dans leur formation.
  • Parmi ces gènes, celui appelé SIKE1 aurait un rôle dans la régulation de la réponse immunitaire, un mécanisme qui pourrait influencer à la fois la formation des grains de beauté et la prédisposition au mélanome.

Le mélanome de la peau est le 4e cancer le plus fréquent en France, selon l’Assurance maladie. Le principal facteur de risque est l’exposition solaire, suivie de la prédisposition familiale, des antécédents personnels, du type de peau et de la présence de grains de beauté. Pour ce dernier, l’instance de santé précise que “si certains mélanomes se développent à partir d'un grain de beauté préexistant, dans 80 % des cas, il se développe “de novo” c’est-à-dire sans grain de beauté préexistant.

Le nombre de grains de beauté vient de la génétique

Mais dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, des chercheurs ont identifié des facteurs génétiques associés au nombre de grains de beauté. Certains pourraient être liés au mélanome de la peau, indépendamment de l’exposition solaire.

Pour mieux comprendre le lien entre génétique et mélanome, les scientifiques ont analysé les données de plus de 85.000 personnes d’origine européenne. Ils ont ainsi identifié 29 régions génétiques associées au nombre de grains de beauté, dont 24 totalement nouvelles, qui n’avaient jamais été identifiées lors de précédentes études. 

Parmi ces 29 régions génétiques, 28 étaient associées au mélanome. Dans celles-ci, les chercheurs ont identifié 255 gènes potentiellement impliqués dans la formation des grains de beauté, dont SIKE1.

La particularité du gène SIKE1 est qu’il pourrait être impliqué dans le développement du mélanome. Pourquoi ? Car ce gène joue un rôle dans la régulation de la réponse immunitaire. Ainsi, des variations de SIKE1 pourraient affaiblir la capacité du système immunitaire à protéger les mélanocytes, les cellules de la peau dans lesquelles le cancer se développe.

Mieux dépister le mélanome chez les personnes à risque

À terme, ces découvertes pourraient permettre de mieux dépister les cancers de la peau, notamment chez les personnes les plus à risque. Pour cela, les scientifiques ont mis au point un score de risque polygénique, qui pourrait expliquer environ 5 % des variations du nombre de grains de beauté. 

Les personnes les plus à risque de mélanome sont celles ayant : 

  • la peau claire avec des taches de rousseur ; 
  • plus de 50 grains de beauté ;
  • des antécédents personnel ou familial de mélanome ;
  • été souvent exposés au soleil, avec des coups de soleil pendant l’enfance ; 
  • immunodéprimées.

Pour tous ces patients, l’Assurance maladie recommande une visite annuelle chez un dermatologue pour un examen de la peau. En complément, l’idéal est de faire tous les 3-4 mois un auto-examen cutané.

En 2023, 17.922 nouveaux cas de mélanome de la peau ont été diagnostiqués en France. Tous les ans, en moyenne, la fréquence de ce cancer augmente de 2 % dans le monde.

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