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Diabète de type 2

Comment agit la metformine, l’anti-diabétique le plus utilisé dans le monde ?

Longtemps, les scientifiques ont pensé que la metformine agissait uniquement sur le foie. Une nouvelle recherche démontre que le traitement cible l’intestin pour bloquer la production de glucose. 

Comment agit la metformine, l’anti-diabétique le plus utilisé dans le monde ? Thinglass/istock

  • Publié le 23.05.2026 à 13h30
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Des millions de personnes diabétiques prennent de la metformine. Ce traitement du diabète de type 2 est le plus prescrit à travers le monde. Jusqu’à récemment, les scientifiques pensaient qu’il agissait principalement sur le foie pour supprimer la production de glucose. Dans la revue Nature Metabolism, des chercheurs de l’Université Northwestern, aux États-Unis, expliquent avoir découvert que le principal mécanisme d’action de ce médicament concerne, en réalité, l’intestin. 

Diabète de type 2 : une surproduction de glucose liée à la résistance à l’insuline 

Le diabète de type 2 est lié à une "perturbation du métabolisme des glucides", indique l’Inserm. Les personnes atteintes souffrent d’hyperglycémie chronique, associée à une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline. "Cette hormone pancréatique a pour rôle de faciliter la pénétration du glucose dans les cellules, ce qui en diminue la concentration sanguine", poursuit l’organisme. En cas de résistance, le glucose s’accumule dans le sang, ce qui peut endommager les vaisseaux sanguins et différents organes. Des traitements permettent de réduire ce risque, comme la metformine. Cette substance permet de contrôler la production de glucose pour agir sur la glycémie. 

Metformine : son mécanisme d’action est lié à l’intestin 

Dans leurs travaux, les chercheurs américains se sont appuyés sur les résultats d’un essai précédent : il avait démontré que la metformine abaisse la glycémie en bloquant un élément spécifique du "complexe I mitochondrial", une enzyme impliquée dans la respiration cellulaire. Pour aller plus loin, ils ont utilisé des souris de laboratoire. Elles ont été génétiquement modifiées pour exprimer une enzyme de levure (NDI1) : celle-ci imite le complexe I mitochondrial mais est résistante à l'inhibition par la metformine. "En exprimant NDI1 spécifiquement dans les cellules intestinales, ces dernières résistent aux effets de la metformine, développent les auteurs. Chez ces souris, la capacité du médicament à abaisser la glycémie était significativement réduite, démontrant que l'inhibition du complexe I mitochondrial dans l'intestin est un facteur déterminant de son action thérapeutique."

Diabète de type 2 : les multiples effets de la metformine

Pour les auteurs, cette découverte suggère que l’intestin pourrait devenir une cible thérapeutique dans la prise en charge du diabète de type 2. "La metformine aide en quelque sorte l'intestin à absorber le glucose présent dans le sang, ce qui souligne une fois de plus le rôle majeur de l'intestin dans la régulation de la glycémie", précise Navdeep Chandel, professeur de biochimie et de génétique moléculaire et auteur principal de l’étude.

Ce spécialiste constate que ces résultats permettent d’expliquer certains mécanismes observés chez les personnes diabétiques sous metformine. "Ces personnes tendent à avoir une glycémie plus basse après les repas, indique-t-il. La metformine transforme l’intestin en une 'éponge' qui absorbe le sucre en excès. Elles présentent des taux plus faibles de citrulline circulante, une hormone produite exclusivement par les mitochondries des cellules de l’intestin grêle. Si la metformine inhibe les mitochondries, la production de citrulline diminue." Enfin, le traitement est souvent associé à des taux accrus de GDF15, une hormone qui entraîne une réduction de l’appétit et une perte de poids. "On s'est toujours demandé comment un seul médicament pouvait avoir dix effets différents, explique Navdeep Chandel. C'est possible s'il cible un élément clé de la cellule, et cibler les mitochondries est un élément clé. Donc, si on parvient à pénétrer dans ces cellules et à inhiber les mitochondries, les effets seront considérables."

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