ACCUEIL > FÉMININ SANTÉ > Grossesse : la fièvre augmenterait le risque d'autisme

Infection

Grossesse : la fièvre augmenterait le risque d'autisme

Par Anne-Laure Lebrun

Symptôme fréquent chez la femme enceinte, la fièvre augmenterait le risque d'autisme chez l'enfant. Et plus les épisodes ont été nombreux, plus il augmente.

imagepointfr/epictura

La fièvre durant la grossesse augmenterait le risque d’autisme chez l’enfant à naître, rapporte une étude de l’université de Columbia (Etats-Unis) publiée dans Molecular Psychiatry. Et plus les épisodes sont fréquents, plus le risque est important.

Ces travaux se sont appuyés sur les données de santé collectées auprès de 95 755 enfants nés entre 1999 et 2009 en Norvège. Parmi eux, 587 ont été diagnostiqués autistes. Les dossiers médicaux des mères indiquent, par ailleurs, que plus de 15 700 femmes ont rapporté avoir eu de la fièvre au cours de leur grossesse.

Quel que soit le stade de la grossesse, le risque de développer un trouble du spectre autistique est accru de 34 % si la mère a été fiévreuse. Si l’épisode de fièvre a eu lieu au cours du second trimestre, le risque augmente de 40 %.

Il apparaît également que le risque est multiplié par 1,3 si la mère a fait de la fièvre une ou deux fois après la 12e semaine de grossesse. Et par 3 après si les épisodes sont plus nombreux.

Identifier les agents pathogènes

Ce symptôme est fréquemment rapporté par les femmes enceintes. S’il peut être provoqué par des infections banales comme une grippe, il peut aussi être le signe d’une pathologie plus grave comme la listériose ou la chorioamniotite (infection de la cavité amniotique). Des maladies qui peuvent entraîner un accouchement prématuré, une septicémie ou une mort fœtale. Aussi, les médecins recommandent-ils aux femmes enceintes de venir consulter dès que leur température dépasse les 38 °C.

« Nous avons regardé si l’effet de la fièvre était plus important en fonction du type d’infection comme une grippe, de gastro ou d’une infection urinaire, précise à Pourquoidocteur le Pr Mady Hornig, professeur adjoint d’épidémiologie et responsable des travaux. Mais nous n’avons pas identifié de cause plus significative qu’une autre ».

La chercheuse le reconnaît ces résultats sont à interpréter avec précaution car les participantes n’ont pas toutes notifier la cause de leur fièvre. « L’infection aurait pu avoir une origine bactérienne ou virale. La fièvre peut aussi résulter d’une pathologie autoimmune », relève le Pr Hornig.


Identifier les agents pathogènes

Dans de prochains travaux, son équipe apportera les résultats d’analyses d’échantillons sanguins prélevés lors de la grossesse et à l’accouchement. Ces examens permettront d’identifier les agents pathogènes responsables de ce symptôme, et expliqueront, peut-être, comment une infection prénatale peut favoriser le développement de troubles du spectre autistique.

« Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que certaines infections, particulièrement celles induites par les virus comme Zika capables de traverser le placenta, puissent avoir un effet direct sur le système nerveux du fœtus. », ajoute-t-elle.

Poursuivre les travaux est donc indispensable pour mieux comprendre le lien entre fièvre et autisme. L’équipe espère pouvoir s’associer à d’autres équipes de recherche pour étudier l’effet de la fièvre et des infections chez des plus grandes cohortes de femmes enceintes.