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Alcoolisation fœtale : l’Académie de médecine dénonce notre retard

Des logos trop petits, des messages mal affichés, de mauvais outils de diagnostic. La France est en retard dans sa lutte contre le syndrome d’alcoolisation fœtale.

Alcoolisation fœtale : l’Académie de médecine dénonce notre retard ampack/Pix5

  • Publié 29.03.2016 à 11h32
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Chaque année, 8 000 nourrissons naissent avec un syndrome d’alcoolisation fœtale. Cet ensemble de malformations et troubles du comportement, provoqués par la consommation d’alcool de la mère, est pourtant évitable. Dans un rapport dédié, l’Académie nationale de médecine déplore le manque d’action des autorités françaises dans ce secteur. Dans le domaine de la recherche par exemple, les Etats-Unis dépensent 27 fois plus que l’Hexagone. Selon ses signataires, « un seul mot d’ordre » doit s’imposer : « tolérance zéro alcool pendant la grossesse ».

Pas de risque zéro

Il faut dire que l’alcoolisation au cours de la gestation est un vrai fléau en France. 23 % des femmes étaient concernées en 2010. Le type de boisson, lui, varie selon les régions : les habitantes de l’Ouest ont tendance à privilégier le calvados, les femmes défavorisées, le vin. Une habitude aux conséquences dévastatrices puisqu’on estime à 500 000 le nombre de Français qui présentent les séquelles d’une exposition prénatale à l’éthanol.

L’éthanol est justement le facteur toxique dans la consommation d’alcool, rappellent les Académiciens. En effet, il passe directement dans le placenta. Le fœtus possédant un foie encore immature, il n’est pas capable de métaboliser cette molécule toxique. Les dégâts se font donc ressentir très rapidement. « Il n’y a aucune preuve de risque zéro ou de quantité d’alcool "tolérable" », souligne le rapport. Il admet tout de même une controverse sur les consommations modérées. Lorsque l’absorption devient chronique ou excessive, en revanche, la question ne se pose plus.

Renforcer la prévention

Mais la France se montre encore trop passive face au syndrome d’alcoolisation fœtale, au goût des Académiciens. Ils souhaitent faire de ce désordre une grande cause nationale avec pour slogan « Tolérance zéro alcool pendant la grossesse ». Pour ce faire, plusieurs pistes d’amélioration de la politique de prévention menée dans le pays sont suggérées.
Les mesures lancées en 2006, qui consistent à afficher un pictogramme et un message sanitaire sur les boissons alcoolisées, peuvent être plus efficaces, estiment les auteurs du rapport. Pour cela, le logo doit être agrandi et l’avertissement sur les risques pour le fœtus repositionné.

Du côté des professionnels de santé, de nouveaux outils devraient être déployés. L’interrogatoire en consultation prénatale favorise les situations de déni. Un auto-questionnaire, en revanche, inciterait à davantage d’honnêteté. Les rapporteurs plaident aussi en faveur de l’application des nouveaux marqueurs biologiques, bien plus précis, et pour l’instauration d’une visite pré-conceptionnelle. Un message récurrent dans l’argumentaire de l’Académie.

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