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20 % d'actes sans consentement

Toucher pelvien : l'Ordre des médecins condamne des pratiques inacceptables

L'Ordre des médecins condamne la pratique de touchers pelviens sans consentement du patient. Il a également rappelé la disponibilité d'outils de formation par simulation.

Toucher pelvien : l'Ordre des médecins condamne des pratiques inacceptables DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 30.10.2015 à 13h33
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« Inacceptable ». En un seul mot, l'Ordre des médecins résume sa position sur les touchers pelviens pratiqués sans le consentement des patients. Ces pratiques illégales, révélées en février dernier dans un document officiel de la Faculté de médecine de Lyon (Rhône), ont fait l'objet d'un rapport remis ce 27 octobre à Marisol Touraine. Et l'acte est loin d'être marginal, conclut Jean-Pierre Vinel, son auteur. Le consentement éclairé du patient n'est recueilli que dans 67 % des cas pour les étudiants en 2e et 3e années de médecine. Jusqu'en 6e année, un étudiant sur cinq pratique le toucher vaginal ou rectal sans que le patient n'en soit informé.

Pour l'Ordre des médecins, cette pratique est tout simplement « abusive », et il la condamne dans un communiqué. Il souligne la nécessité d'informer le patient de tout acte médical. Mais il rappelle surtout l'utilité toute relative de cet acte aujourd'hui :  « Les évolutions technologiques permettent aujourd’hui de réaliser une formation pratique par la simulation, notamment sur les touchers pelviens (mannequins gynécologiques et urologiques, systèmes vidéo…) et qu’il est de la responsabilité des formateurs de mettre ces moyens à la disposition des étudiants. »

Une mission d'inspection

L'insititution ordinale est  en accord avec la ministre de la Santé. Après la remise du rapport,  Marisol Touraine s'est inquiétée des conclusions « très préoccupantes » apportées par le document. « L’Etat sera d’une extrême fermeté face à ces pratiques inacceptables, qui portent atteinte à l’intégrité du corps humain et aux droits fondamentaux des patients », a insisté son cabinet dans un communiqué.

Dans la foulée, la ministre a annoncé la mise en place de trois mesures pour éviter que de tels actes ne se reproduisent. La plus importante sera notamment le lancement d'une mission d'inspection dans les établissements de santé. Elle sera confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l'Inspection générale de l'administration, de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR). L'autre volet portera sur la formation, avec un développement de l'apprentissage par simulation, mentionné par l'Ordre des médecins. D'ici 2017, l'ensemble des CHU devraient être équipés.

Marisol Touraine compte également rappeler aux directeurs des établissements de santé les obligations légales en matière de droits des patients, l'objectif étant de les respecter dans leur intégralité, et non selon le bon vouloir des professionnels.

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