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QUESTION D'ACTU

Journée mondiale

Orgasme : la vérité sur 7 idées reçues

C'est la journée mondiale de l'orgasme. Une occasion pour combattre les principales idées reçues, et notamment la prétendue moindre intensité de l'orgasme féminin par rapport à l'orgasme masculin.

Orgasme : la vérité sur 7 idées reçues SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 22.12.2013 à 12h40
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Comme chaque 21 décembre, c'est la journée mondiale de l'orgasme. Beaucoup de couples sont bons pour la pratique, mais beaucoup moins pour la théorie. Et beaucoup d'idées reçues circulent sur le sujet. Il faut tout d'abord savoir que l'orgasme correspond à la réponse physiologique qui a lieu au maximum de la phase d’excitation sexuelle. Par ailleurs, il est généralement associé, chez l’homme, à l’éjaculation. Chez la femme, il est synonyme de contractions musculaires rythmiques des muscles du périnée, d'une rétraction du clitoris, et de contractions musculaires rythmiques périnéales et intra-vaginales. Enfin, l'orgasme libère également deux protéines neurologiques, l'ocytocine et la prolactine, qui provoquent une profonde sensation de bien-être.

Pour célébrer la journée de l'orgasme, pourquoidocteur bat en brêche les principales idées recçues, en s'appuyant notamment sur l'entretien que le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et sexologue, nous a accordé le 12 août 2013. Il est l'auteur aux éditions First de « La masturbation rend sourd - 300 idées reçues sur le sexe ».


1. L'orgasme de la femme est moins intense que celui de l'homme.

C'est faux. « Parfois même, il peut être plus intense, si tant est que cette femme apprend à lâcher prise, à accompagner son orgasme,» affirme le Dr Sylvain Mimoun. Cette idée reçue vient sans doute du fait que que l'homme peut facilement avoir une éjaculation. Ce qui ne signifie pas pour autaut qu'il y a orgasme. « C’est pour cela qu’on pourrait penser que c’est moins intense pour elle. En effet, par nature, un homme peut plus facilement avoir une éjaculation et accompagnée ou non d’orgasme. Et le fait que cela vienne facilement, du coup, il ne se casse plus la tête, et il sait comment cela marche, et il a facilement son orgasme répétitivement, chaque fois qu’il le souhaite, » déclare le sexologue.

 

2. L'orgasme est moins intense lorsque l'on se masturbe.

C'est plutôt faux. Certes, avec la masturbation on peut, plus directement, se concentrer sur soi-même, et donc sur la montée du plaisir. « Mais si jamais on est complice avec l’autre, en général, le plaisir est beaucoup plus intense. La difficulté aujourd’hui, c’est que malheureusement, la masturbation est soutenue par des images érotiques, voire pornographiques. Donc on se masturbe avec des images très stimulantes. Et le fait d’avoir ces images-là, cela fait qu’il y a, et la stimulation mécanique, manuelle, et la stimulation visuelle. Du coup, il y a une surexcitation qui est loin de l’excitation habituelle lors du rapport sexuel. Et si on compare cela à un rapport sexuel, en effet, le rapport sexuel paraît assez « plan-plan », beaucoup moins intéressant, etc. » 


3. L'éjaculation est toujours synonyme d'orgasme.

Contrairement à une idée reçue très répandue, c'est faux. « Mais si on se met du côté des physiologistes, ceux qui font des courbes, mettent des électrodes pour essayer de repérer cela, on sait qu’il y a quelques millisecondes entre les 2 phénomènes. On sait que les yogis tantriques apprennent à mieux gérer leur corps. Ils arrivent très bien à avoir ce qu'on appelle un orgasme « sec », c’est-à-dire où il n’y a pas d’éjaculation. Quel est l’intérêt? Quand un homme a un orgasme sec, c’est-à-dire qu’il a la jouissance sans l’éjaculation, il peut recommencer beaucoup plus facilement. Alors que la plupart du temps, les hommes ont une période réfractaire et ne peuvent pas suivre les femmes multi-orgasmiques. On peut donc avoir un orgasme sans éjaculation, c’est plus rare, et il faut apprendre à le faire…

 

4. L'orgasme féminin est majoritairement clitoridien.

C'est vrai. 80 % des femmes sont d’abord clitoridiennes. C’est-à-dire qu’elles sont stimulées par le clitoris. « Encore faut-il qu’elles l’acceptent, lâche le Dr Sylvain Mimoun. Beaucoup de femmes ne réagissent pas au clitoris parce qu'elles n’ont pas appris à le faire. Et malgré tout, le plaisir et la sexualité en général, c’est aussi une affaire d’apprentissage, ce n’est pas 1ère leçon, 2e leçon, 3eleçon, mais c’est savoir comment on fonctionne. Et pour ça, il faut faire des gammes.  Il y a beaucoup de femmes, par exemple, qui découvrent à 30 ans que c’est par la masturbation qu’elles peuvent découvrir leur plaisir. Et si leur interdit éducationnel fait que c’est impossible qu’il y ait masturbation, elles espèrent toujours que ce soit le partenaire qui le fasse.»


5. L'orgasme vaginal est plus puissant.

Rien ne permet d'affirmer qu'il existe une différence d'intensité entre ces deux formes d'orgasme. Une certitude, l'orgasme vaginal est plus rare demande une certaine expérience. On peut donc faire l'hypothèse qu'une femme expérimentée est plus à même d'atteindre le plaisir qu'une jeune femme qui découvre son corps. Par ailleurs, l'orgasme vaginal est considéré comme plus long et plus diffus.

6. Un orgasme peut provoquer un infarctus ou un AVC

C'est vrai mais c'est le risque est extrêmement faible. La mort par congestion cérébrale de Félix Faure, président de la république, dans les bras de sa maîtresse en est la preuve. Mais, moins de 1% des infarctus auraient une telle origine. Après un infarctus, il est d'ailleurs recommandé d’évoquer la reprise de l’activité sexuelle dès les premières visites de suivi, en tenant compte du genre, de l’âge et de l’orientation sexuelle du patient. En fonction de la pathologie cardiovasculaire, de l’événement survenu et de l’opération subie, les conseils varient quant au temps de convalescence nécessaire et aux positions recommandées. Il peut même être envisagé de réaliser un exercice d’effort sous surveillance médicale pour rassurer le malade sur la capacité de son cœur à tenir. Les physiologistes ont d’ailleurs démontré que l’activité sexuelle n’est pas si terrible que ça pour le cœur. Un rapport avec un partenaire habituel correspond à l’effort nécessaire pour monter deux étages à pieds à bonne allure, trois étages s’il s’agit d’un cardiaque, d’une aventure extra-conjugale ou d’une situation de stress.

7. Le point G relève du fantasme.

Non, le point G existe vraiment. « On peut le repérer très clairement, il est à 2,5-3 cm à l’entrée du vagin, précise le Dr Mimoun. Si un homme introduit un doigt courbé, cela lui fait 2 phalanges de doigt et il est sur le point G. Cela ne veut pas dire que toutes les femmes vont réagir à ce point G. Là aussi, si on compare les femmes qui ont l’habitude d’avoir le point G stimulé, ou stimulé par elles-mêmes, à ce moment-là, elles vont réagir beaucoup plus fortement.» En revanche, il ne faut pas croire que le point est une sorte d'interrupteur sur lequl il suffirait d'appuyer pour déclencher un orgasme chez sa partenaire. C'est « une zone hyper sensualisable et sexualisable » mais messieurs, c'est quand même à vous de jouer.



(1) La masturbation rend sourd - 300 idées reçues sur le sexe » Ed. First, 253 p. 17,95 €

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