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Généralistes, urgentistes, cliniques...

Les médecins se mobilisent pour défendre l'exercice libéral

Dès le 23 décembre, les professionnels de santé se mobiliseront pour un mouvement de grève sans précédent. Pourquodocteur revient sur les raisons de leur colère.  

Les médecins se mobilisent pour défendre l'exercice libéral DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 21.12.2014 à 19h40
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Interdiction de tomber malade ou de se casser les os pendant les fêtes de fin d’année. Fait rarissime, les médecins généralistes, les spécialistes et les urgentistes feront grève tous ensemble. Les professionnels comptent d'abord sur un mouvement de fermeture des cabinets médicaux entre le 24 et le 31 décembre suivi par une cessation d'activité totale et illimitée des établissements de santé privés dès le 5 janvier 2015.

Ces spécialistes entendent protester contre le projet de loi santé de Marisol Touraine, présenté en octobre dans le mécontentement presque général des professionnels de santé. Devant la levée de boucliers suscité par le texte, la ministre de la Santé a annoncé un report à avril 2015 de l’examen au Parlement du projet de loi de Santé.

La ministre prévoit de refonder et de réformer le système de santé afin de « garantir un accès équitable aux soins ». Les médecins, eux, y voient plutôt une loi « fourre-tout » et « dogmatique ».

Tiers payant, réorganiation territoriale de l’offre
La profession médicale tique sur un certain nombre de mesures. Parmi elles, le tiers payant pour tous. Cette dispense d’avance de frais lors d’une consultation dans un cabinet sera généralisée d'ici à 2017. Selon les syndicats de médecins généralistes MG France et la FMF (Fédération des médecins de France), cette mesure aura pour conséquence de générer un surcroît de travail administratif.

Les médecins protestent également contre la territorialisation de l’offre de santé sous l’égide des Autorités régionales de santé, dont les pouvoirs seront renforcés. « La loi réaffirme solennellement l'existence du service public hospitalier et rend obligatoires les groupements hospitaliers de territoires », a indiqué Marisol Touraine.

Cette réorganisation de l’offre de soins a pour vocation de freiner la création de nouveaux déserts médicaux en France. Mais pour les médecins du privé, c’est plutôt « la mort annoncée de la clinique ».

Perte de liberté de prescrire
Autre point de discorde : la délégation de la vaccination aux pharmaciens et de la prescription anti-tabagique aux sages-femmes. Ainsi que l'entrée en vigueur du dispositif d’entente préalable pour certains hypocholestérolémiants. En effet, depuis le 1er novembre 2014, toute prescription de rosuvastatine (Crestor®), de l'ézétimibe seul (Ezetrol®) ou de l'ézétimibe en association avec la simvastatine (Inegy®, Vytorin®) doit faire l’objet d’une demande d’entente préalable par le prescripteur en initiation de traitement. Et ce, afin de réaliser des économies sur ces molécules qui coûtent cher à la Sécu.

En pratique, c'est au médecin qu'il revient de faire la demande d'accord préalable pour que les patients puissent bénéficier de la prise en charge de ces médicaments. Celui-ci peut faire cette démarche en ligne (ameli.fr) sur son compte professionnel de santé sécurisé. A défaut, il peut remplir un formulaire qu'il adressera par courrier au service du contrôle médical de la Cpam de l'assuré.

Pour les médecins, c’est une violation pure et dire de la liberté de prescription. Jean-Paul Ortiz, prsident de la CCSMF, le syndicat des médecins libéraux, a appelé ses confrères à la désobéissance, en continuant à « utiliser l'ensemble des médicaments qu'ils ont à leur disposition en respectant les recommandations de la Haute Autorité de Santé, et tout particulièrement pour les hypocholestérolémiants. »

Revalorisation des gardes
Les médecins urgentistes ont, eux aussi, décidé par la voix de leur syndicat l'Amuf (Association des médecins urgentistes de France) d'appeler à une grève illimitée à compter du 22 décembre 2014. Leurs représentants Patrick Pelloux et Christophe Prudhomme demandent une « augmentation de l'indemnité de garde à 450 euros pour une égalité avec les hospitalo-universitaires ». Les urgentistes seront présents dans leur service pour assurer la permanence des soins mais ils porteront un badge et assureront un service minimum. 

 

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