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Trois américains opérés

Malformations cardiaques : l’impression 3D au secours de la chirurgie

Par Audrey Vaugrente

Ils ont 9 mois, 3 ans et 20 ans et présentent des malformations cardiaques congénitales. Grâce à l’impression 3D, l’opération a pu être soigneusement préparée, et réussie.

La version 3D d'un coeur à opérer (Source : AHA)
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Eviter les mauvaises surprises grâce l’impression 3D : ce pourrait bien être le nouveau crédo des chirurgiens. Un bébé de 9 mois, un garçon de 3 ans et une jeune femme de 20 ans, tous atteints de malformations cardiaques congénitales, ont bénéficié de cette technique innovante. Des médecins américains ont réalisé des répliques en 3D de leurs coeurs, ce qui leur a permis de visualiser précisément chaque malformation… avant même d’ouvrir la poitrine de leurs patients. Ils présentent leurs résultats au congrès annuel de l’American Heart Association.

 

Une réplique exacte du coeur originel

La chirurgie cardiaque est très développée, mais se heurte à un problème de taille : l’imagerie en deux dimensions (rayons X, ultrasons, IRM) ne révèlent pas toujours les complications structurelles d’un coeur malade. L’autre limite, c’est la préparation. Aujourd’hui, les chirurgiens « découvrent » le coeur à mesure qu’il opère.

Pour limiter, autant que possible, les risques liés à l’opération, l’impression 3D est de plus en plus utilisée. Des modèles à taille réelle peuvent être réalisés dans différents matériaux. Dans ce cas précis, le modèle 3D a été réalisé de la même manière chez les trois patients, avec une coupe qui permet de bien discerner les deux parties du coeur. Et il s’agit d’une réplique exacte du modèle.

 

Mathew Bramlet tient l’original (à gauche) et le modèle 3D (à droite). La réplique est parfaite. (Source : AHA)

 

« Votre compréhension atteint une nouvelle dimension »

Les médecins ont ainsi pu se préparer à l’opération, comme l’explique Matthew Bramlet, qui a mené cette étude : « Cela permet au chirurgien de regarder dans le coeur à travers la valve auriculaire, d’une manière comparable à ce que voit le chirurgie (lorsqu’il opère). Grâce à l’impression 3D, les chirurgiens peuvent prendre de meilleures décisions avant d’entrer en salle d’opération (…). Lorsque vous tenez le modèle d’un coeur entre vos mains, votre compréhension atteint une nouvelle dimension, ce qui n’est pas possible avec la 2D, ou même les images 3D », ajoute ce chercheur à l’université de l’Illinois (Etats-Unis). « Ce qu’on utilisait avant pour construire des camions, nous l’utilisons maintenant pour fabriquer des modèles de coeur. »

 


Mathew Bramlet tient dans ses mains la réplique 3D du coeur du garçon de 3 ans. Deux coupes ont permis de mieux comprendre son anatomie. (Source : AHA)

 

Les trois patients mentionnés dans l’étude ont été opérés avec succès, et d’autres ont depuis bénéficié de la technique. Il s’agit d’une étude de petite taille, et l’impression 3D en est encore à ses débuts. Mais l’utilisation de l’impression 3D en préparation des opérations reste prometteuse. En Australie, une équipe a opéré le coeur d’un enfant de 14 mois. Une équipe américaine a quant à elle utilisé la même technique pour guérir l’épilepsie d’un petit garçon.