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Fringales nocturnes…

Un somnambule prend 36 kilos en mangeant la nuit à son insu

Par Marion Guérin

Un Australien, atteint de parasomnie boulimique, s’est rendu compte qu’il se levait toutes les nuits pour vider son frigidaire, sans en garder le moindre souvenir...

Capture d'écran New York Post / Rene Cervantes

« Il est 5 heures du matin. Alors que retentit la sonnerie de mon réveil, je jette la couette à mes pieds et découvre la scène de crime : des granola et des crackers partout ».

L’histoire de Chris Peres n’est pas banale. Dans les colonnes du New York Post, cet Australien de 24 ans raconte son calvaire. Tous les jours, il se réveille avec des miettes dans ses draps et du beurre de cacahuète sur le visage. Son frigo se vide à vitesse grand V. Le matin, il a souvent mal à l’estomac et surtout, le régime qu’il suit consciencieusement ne produit aucun effet : en quatre ans, il a même pris 36 kilos !

Parasomnie boulimique
Dans sa cuisine, « l’épicentre de ses transes », quelques indices le mettent sur la voie. Des boîtes de céréales éventrées, une fourchette plantée dans un pot de confiture (« pourquoi n’ai-je pas utilisé une cuiller ? Mystère »), les portes de placards ouvertes… Alors que ses colocataires s’agacent de voir leurs réserves de nourriture se réduire comme peau de chagrin, Chris Peres s’interroge : mais que fait son corps quand son esprit sommeille ? Il décide de consulter.

Les médecins lui suggèrent de placer une caméra infrarouge dans sa chambre à coucher. Les images confirment leurs doutes : le jeune homme est atteint d’une pathologie peu commune, la parasomnie boulimique (Nocturnal Sleep Related Eating Disorder en anglais), une forme de somnambulisme qui le pousse à manger tout ce qui lui tombe sous la main pendant la nuit. La maladie toucherait 1 à 5 % de la population. En investiguant sur ces antécédents, il réalise que sa mère souffrait du même trouble lorsqu’elle était petite. Ceci explique cela…


Capture d'écran New York Post 


Un régime trop strict
Selon les médecins, le régime très strict qu’il observe serait à l’origine de ces fringales nocturnes. « Lorsque vous êtes conscients, vous vous interdisez de manger. Alors, votre cerveau profite de votre état d’inconscience pour satisfaire son envie pressante de grignoter », lui explique Katherine Morgado, du Center for Sleep Medicine dans le New Jersey. Le manque de sommeil, l'épuisement, ou encore la prise de certains médicaments augmenteraient le risque de parasomnies boulimiques.

Chris Peres confirme : « J’ai remarqué que les aliments sur lesquels je me rue la nuit sont précisément ceux que je m’interdis la journée. Des chips, du chocolat, des cookies – tout ce qui se grignote facilement, par petites bouchées. »



Bien entendu, il n’existe pas de traitement contre cet étrange trouble. Les médecins lui ont donc prescrit des antidépresseurs pour neutraliser son activité cérébrale nocturne. Les résultats semblent concluants… dans une certaine mesure. « De temps en temps, alors que je crois m’être débarrassé de mon « habitude », je retrouve des miettes sur le trajet entre mon lit et la cuisine… ».

Heureusement, Chris Peres est plein de ressources. Il a trouvé une solution, qu’il mettra en place dans les plus brefs délais : installer une alarme sur sa porte, « pour me réveiller en cas de manigance somnambulique ». En cas d'échec, il devra peut-être trouver une autre colocation...