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1 patient traité sur 4

Anorexie, boulimie : les hommes n'échappent pas à ces troubles

La question des troubles du comportement alimentaire chez les garçons est largement sous-estimée. Une étude dénonce la mauvaise conception des patients et des médecins.

Anorexie, boulimie : les hommes n'échappent pas à ces troubles JAUBERT/SIPA

  • Publié 09.04.2014 à 17h24
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« Un truc de filles » : voilà comment la plupart des jeunes hommes perçoivent les troubles du comportement alimentaire (TCA). Ces bouleversements alimentaires sont logiquement sous-estimés, par les patients et les soignants, conclut une étude parue ce 8 avril dans le BMJ Open. Des chercheurs de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) ont interrogé une quarantaine de jeunes (16-25 ans) qui ont souffert de TCA, dont 10 étaient des garçons.

 

L’ignorance des jeunes hommes

Les données sur anorexie, boulimie, hyperphagie boulimique et autres troubles du comportement alimentaire révèlent une tendance à la hausse chez les hommes. Selon les estimations, ils représentent à peu près un patient traité sur quatre. Le nombre de patients réel est sans doute toujours sous-estimé, puisqu’une majorité des jeunes hommes ne reconnaissent pas les symptômes d’un TCA.

 

Les dix adolescents interrogés ont reconnu qu'entre le début de leur trouble et le moment où ils l’ont reconnu, un long moment s'est écoulé. Les symptômes étaient pourtant éloquents : jeûne de plusieurs jours, calcul excessif des calories, purges, exercice intensif, pesée régulière. Mais ces jeunes estimaient qu’un TCA est une maladie féminine. L’un d’entre eux, qui se décrit comme « un vrai gars », pensait que ces troubles ne touchaient que « les adolescentes fragiles. » Un autre en a parlé comme d’un « truc de filles. » Ce n’est qu’en atteignant un point critique – voire l’hospitalisation – que ces garçons ont pris conscience de leur maladie.

 

« Sois un homme. »

Les auteurs estiment qu’une « construction culturelle continue » définit les troubles du comportement alimentaire comme spécifiquement féminins. Elle touche les patients, mais aussi les médecins, ce qui est plus inquiétant car elle est, selon les auteurs, « incrustée dans la pratique en clinique. » Interrogés sur ce point, les jeunes hommes ont tous reconnu avoir retardé la consultation chez un médecin. Ils craignaient de ne pas être pris au sérieux. Les faits ont confirmé ces angoisses : la plupart ont patienté longtemps avant de trouver un spécialiste, ont reçu plusieurs diagnostics erronés. L’un d’entre eux a même reçu un conseil étrange de son médecin : « Sois un homme. »

 

« Les hommes souffrant de TCA sont sous diagnostiqués, sous traités et sous étudiés », écrivent les auteurs de l’étude. C’est bien le cas en France : on estime que l’anorexie touche un homme pour 10 femmes et la boulimie un pour 3-4 femmes… mais aucune statistique n’évalue précisément la répartition des TCA selon le sexe. Par ailleurs, comme le signalait un sondage en novembre dernier, les jeunes hommes atteints de TCA ne les manifestent pas de la même manière que les jeunes femmes : ils auront davantage tendance à se réfugier dans l'exercice extrême, la musculation ou un contrôle strict de leur alimentation.

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