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QUESTION D'ACTU

Manifestation nationale

Pharmaciens : "On va devoir licencier"

REPORTAGE. A l'appel de plusieurs syndicats, des milliers de professionnels de santé ont défilé dans les rues de Paris pour combattre le projet de loi de Bercy.  

Pharmaciens : \ DR

  • Publié 01.10.2014 à 18h13
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 « Bercy… Si tu savais… Ta réforme, où on se la met… » Le slogan est connu mais la scène plutôt inhabituelle. Dans les rues de Paris, des milliers de blouses blanches, pourtant peu accoutumées à battre le pavé, défilent. L’organisation est un peu chaotique, des bouts de cortège s’égarent ça et là, mais la détermination se lit sur le visage des manifestants.

« Planqués ! »
Pharmaciens, médecins, dentistes, biologistes… Tous ont cessé leur activité ce mardi 30 septembre pour crier leur colère. Tous, ou presque : sur le passage du cortège, un laboratoire d’analyses encore ouvert se fait huer par les manifestants indignés. « Planqués ! »

Les pharmaciens sont particulièrement remontés contre ce projet de loi, qui prévoit la fin du monopole des officines et la vente de certains médicaments en grande surface. L’ouverture de leur capital à des investisseurs extérieurs, recommandée par l’Inspection Générale des Finances, suscite également beaucoup de craintes.

« On devra prescrire des médicaments en suivant une logique de rentabilité, imposée par des grands groupes comme Leclerc ou Carrefour », déplore Michèle, 39 ans. « Et que vaut notre diplôme si tout le monde peut vendre des médicaments ? » s’interroge Leila, qui vient de terminer ses études de pharmacies.

Ecoutez les témoignages de pharmaciens manifestants : « On va devoir licencier deux personnes… »



« Vous connaissez la médecine low-cost ? »
Les médecins étaient également appelés à se joindre aux rangs des manifestants. Moins nombreux dans le cortège, on les reconnait grâce à leur stéthoscope autour du cou. Depuis plusieurs jours, ceux qui pratiquent leur profession en libéral tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, l’ouverture du capital des sociétés à exercice libéral fera fuir les jeunes médecins.

« C’est la fin de la médecine libérale ! prédit Serge Larcher, président de la Chambre syndicale des médecins du Val d'Oise. On veut des médecins fonctionnels, aux ordres, qui vont prescrire ce qu’on leur dit de prescrire, qui vont donner des arrêts de travail quand on leur demandera d’en donner… Vous connaissez la médecine low-cost ? Eh bien, elle débarque en France ! »

Ecoutez le témoignage d’un médecin libéral d’Ile-de-France :  « Qu’on ne vienne pas pleurer s’il y a de nouveaux déserts médicaux ».



Les leaders syndicaux ont bien entendu répondu présents. Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, il ne faut pas voir dans cette manifestation un réflexe corporatiste. Selon lui, le projet de loi s’attaquerait directement à la médecine de proximité. Et il est va de la santé des patients.

« Il faudra un jour dire aux patients qu’avec cette réforme, les agences régionales de santé auront un droit de regard. On devra les renseigner sur ce qu’il y a dans les dossiers médicaux. Ca, c’est gravissime… »

Ecoutez Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France : « Ce n’est pas une manifestation populiste ».


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