ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Etats-Unis : un homosexuel séropositif sur deux n'est pas traité

Bilan des centres de contrôle des maladies

Etats-Unis : un homosexuel séropositif sur deux n'est pas traité

Par Audrey Vaugrente

Aux Etats-Unis, la moitié des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes diagnostiqués séropositifs ne sont pas sous antirétroviraux, selon un récent rapport.

Sebastian Castaneda/AP/SIPA
MOTS-CLÉS :

Ils ne représentent que 2 % de la population américaine, mais ils sont les plus touchés par le VIH. Les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH) font l’objet d’un bilan dans le dernier bulletin hebdomadaire des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Les conclusions sont inquiétantes.

 

Le difficile accès aux soins

En 2010, 10 093 HSH américains ont été déclarés séropositifs dans 19 juridictions. Parmi cette population, 77 % ont été adressés à une structure médicale. Les autres n’ont pas vu de professionnel de santé. « L’absence d’assurance santé, la stigmatisation et la discrimination peuvent influencer l’accès des HSH à un soin médical », commentent les auteurs de ce rapport. Ils recommandent la mise en place d’interventions visant les publics les plus à risque - les jeunes hommes de moins de 25 ans, et les Afro-américains - afin qu'ils ne passent au travers des mailles du filet.

 

Parmi les hommes dirigés vers un centre de soins, la moitié y sont restés, et 49,5 % ont reçu un traitement antirétroviral. Un chiffre bien bas, qui souligne l’ampleur des efforts qui restent à faire. « Un accès accru au soin et des traitements soutenus sont cruciaux pour améliorer la santé et réduire le potentiel de transmission du VIH chez les HSH, qui représentent la majorité des personnes avec une infection par le VIH », insistent les chercheurs. Cependant, il faut préciser que tous les séropositifs n'ont pas systématiquement besoin d'être traités.

 

Les efforts doivent être intensifiés

Dans la lutte contre les infections par le VIH, il est malgré tout crucial de traiter un maximum de patients. Car les résultats sont plutôt bons : 42 % des hommes sous antirétroviraux sont parvenus à supprimer leur charge virale. Une bonne couverture des hommes séropositifs permet aussi de réduire le risque de transmission du virus.

 

« Les résultats de ce rapport soulignent le besoin de poursuivre l’expansion de la prévention, du soin et des efforts de traitement, pour parvenir à améliorer la prise en charge, le maintien des soins et la suppression virale chez les HSH, particulièrement ceux âgés de moins de 25 ans et les Afro-américains », concluent les auteurs du rapport. « Etant donné que les HSH représentent plus de la moitié des nouvelles infections et environ la moitié des personnes vivant avec le VIH, pour réduire l’incidence du VIH, améliorer leur état de santé, et réduire les disparités de santé liées au VIH aux Etats-Unis, les besoins des HSH en prévention et en soin doivent être réglés. »