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Congrès LMHI 2014

Homéopathie : un succès croissant à l’hôpital

Par Audrey Vaugrente

Longtemps contestée, l’homéopathie fait son entrée dans les hôpitaux français. Cette médecine complémentaire soulage les effets des médicaments conventionnels.

DURAND FLORENCE/SIPA

L’homéopathie sort de l’ombre et entre à l’hôpital. Longtemps critiquée, voire dénoncée par une grande partie des médecins, l’approche thérapeutique semble finalement convaincre les plus sceptiques. Le Centre de santé Saint-Jacques, à Paris, est pionnier en la matière : il propose un service d’homéopathie depuis 1867. Les hôpitaux civils de Lyon (Rhône) et l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) lui ont depuis emboîté le pas. A l'occasion du congrès mondial d'homéopathie (LMHI, 16-19 juillet, Paris), pourquoidocteur fait le point sur le succès croissant de cette approche thérapeutique.

 

Eviter le divorce

L’homéopathie reste un sujet tabou entre médecins hospitaliers et patients. Selon une étude menée en 2010 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, seuls 45 % des malades atteints de tumeurs solides ou de maladie du sang qui y ont recours abordent le sujet avec leur médecin référent.
Mais peu à peu, l’approche thérapeutique se fait reconnaître comme un « petit plus » aux traitements conventionnels. A Lyon, le service d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital de la Croix-Rousse allie l’allopathie (médecine conventionnelle) et l’homéopathie. Depuis une quinzaine d’années, il abrite une consultation à destination des patients. « On a démarré la consultation au moment de l’épidémie de VIH, en prenant conscience que beaucoup de patients étaient suivis en allopathie comme en homéopathie, et qu’il fallait éduquer les professionnels de santé et éviter un divorce entre les deux approches », se souvient le Pr Christian Trepo, chef de ce service. « Pour garder le contrôle des choses, on a proposé à des homéopathes de venir chez nous. » A Paris aussi, les centres hospitaliers de la Pitié-Salpêtrière, Tenon et Corentin-Celton ont intégré l’homéopathie à leurs services de gynécologie-obstétrique, médecine interne et polyclinique.

 

« De bons médecins, pas des gourous »

L'homéopathie ne doit pas s'apparenter à un savoir ambigu : l'AP-HP demande que l’homéopathie soit pratiquée par les professionnels de santé et que ceux-ci soient titulaires d’un diplôme reconnu par le comité hospitalier. « Tout le secret du succès est là », confirme le Pr Christian Trepo. « Nos homéopathes sont de bons médecins, pas des gourous. Un médecin homéopathe a suivi une formation classique (en médecine générale, ndlr) avant de se spécialiser vers d’autres savoirs. »

 

Soulager les effets des traitements conventionnels 

Le ministère de la Santé l’affirme, « pour les maladies graves telles que le cancer, l’homéopathie peut être utilisée en complément mais jamais en remplacement des médicaments non homéopathiques prescrits par le médecin. » C’est justement cet usage complémentaire qui est mis à profit dans le centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard (Lyon). L’intérêt de l’homéopathie, c’est aussi son dosage très faible en principe actif, qui permet de traiter des patients fragiles : femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, mais aussi patients qui supportent mal les médicaments.

 

Ecoutez le Pr Christian Trepo, chef du service d’hépatologie à l’hôpital de la Croix-Rousse: « En hépatologie, on voit des patients qui font des réactions toxiques, des hépatites médicamenteuses. L’homéopathie offre une sécurité pour ces patients. »

 

L’approche peut atténuer les effets secondaires de certains traitements lourds utilisés dans les maladies chroniques, soulager les douleurs de ces affections ou prévenir des complications ou récidives. « On a décliné l’homéopathie pour le VIH et les hépatites virales », explique le Pr Trepo. « On n’a pas eu de complexe, puisqu’on est un service d’avant-garde, hyper-spécialisé et qu’on inclut un laboratoire de l’Inserm. »
Pour lui, l’homéopathie complète parfaitement les traitements conventionnels : ils offrent plus de confort aux malades, mais aussi une meilleure écoute, tout en prenant en charge les effets secondaires des médicaments. C’est le principe appliqué en hépatologie, mais aussi en cancérologie, gynécologie-obstétrique… et même néonatalité.