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Jusqu'à 66% de risque en plus

La sédentarité augmente le risque de trois cancers

Par Melanie Gomez

Une étude sur plus de 4 millions de personnes montre un lien entre un comportement sédentaire et le risque d’être atteint par un cancer du côlon, du poumon et de l’endomètre.  

INNAMORATI/SINTESI/SIPA/SINTESI/SIPA

L'inactivité physique a été associée avec le diabète, l'obésité et les maladies cardiovasculaires, mais elle pourrait également augmenter le risque de certains cancers. Alors que de nombreux travaux scientifiques ont déjà montré cette association ces dernières années, une large étude qui vient d’être publiée dans la revue Journal of the National Cancer Institute enfonce le clou. Cette analyse compilant les résultats de 43 études d’observation déjà réalisées sur le sujet, s’est donc appuyée sur les données quantitatives concernant 4 millions de personnes parmi lesquelles 68 936 cas de cancers ont été diagnostiqués. Tous les volontaires avaient donc renseigné des questionnaires ou répondu à des interviews sur leur habitudes de vie : temps passé devant la télé, la durée de la journée en position assise que ce soit pour le travail ou dans leur vie quotidienne, leurs activités journalières…

 

Chaque 2h de plus assis, + 8% de risque de cancer du côlon

Ainsi dans cette étude, il ressort qu’un comportement sédentaire est associé à un risque augmenté de 24% de développer un cancer du côlon, de 32 % un cancer de l'endomètre, et de 21 % un cancer du poumon. Mais les résultats de cette enquête sont encore plus inquiétants lorsque l’on regarde plus en détail l’impact de certaines habitudes sédentaires très courantes. Par exemple, les personnes qui regardaient le plus la télévision avaient un risque supérieur de 54 % d’avoir un cancer du côlon par rapport à ceux qui la regardaient le moins et de 66 % d’être victime d’un cancer de l'endomètre.

Par ailleurs, les auteurs notent également que pour toutes les 2 heures supplémentaires passées assis durant la journée, le risque de cancer du côlon des participants augmentait de 8% dans cette analyse. Celui du cancer de l'endomètre augmentait même de 10% pour ce même critère. En revanche, les auteurs n'ont pas trouvé de lien entre les comportements sédentaires et d'autres types de cancer, comme celui du sein, de la prostate, et le lymphome non hodgkinien.

 

Et il ne suffit pas de faire du sport régulièrement

Selon les spécialistes, ces résultats mettent en lumière l’importance de bien différencier l’activité physique et la sédentarité. Concrètement, on peut être considéré comme sédentaire, tout en pratiquant une activité physique régulièrement. « D’après ces résultats, il ne suffit pas d'être simplement actif, il est également important de s'asseoir moins, explique le Dr Graham Colditz, de l'École de médecine de l'Université de Washington, qui a écrit un éditorial accompagnant cette étude. Les gens ont tendance à ne pas parler du temps qu’ils passent assis de la même façon qu’ils parlent de l'activité physique qu’ils pratiquent ». Et cet expert propose plusieurs astuces pour être moins sédentaire, que ce soit à la maison comme au bureau. Il explique par exemple qu’un bon moyen de lutter contre l’inactivité est d’essayer de se forcer à prendre des pauses toutes les deux heures, pour faire une petite marche rapide dans les couloirs de son entreprise ou encore de sortir s’aérer quelques minutes. Enfin, ce spécialiste conseille également de ne pas déjeuner à son bureau et de le faire à l’extérieur ce qui peut également être un bon moyen de programmer une pause physique dans la journée. 

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