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Stratégie d'amélioration des structures

Urgences parisiennes : le plan pour réduire de 4h à 2h le temps d'attente

Par Julian Prial

Martin Hirsch, le patron de l'AP-HP, s'est engagé à diviser par deux le temps de prise en charge des patients aux urgences. De 4H aujourd'hui pour un adulte, il espère le ramener à 2H d'ici cinq ans.

PFG/SIPA
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Depuis 2004, les structures d'urgence de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) absorbent toujours plus de malades (+2,1% par an). Résultat, elles ont accueilli 1,1 million de patients l'an dernier. Et bien souvent, ces derniers attendent très longtemps sur les bancs des urgences : 4h en moyenne pour les adultes avant d'être reçu par un médecin, et 2h35 pour un enfant. Face à ce constat d'échec, le patron de l'AP-HP, Martin Hirsch a tenu mardi une conférence de presse pour présenter sa stratégie globale d'amélioration des urgences. D'entrée, il a indiqué qu'il ne s’agissait pas de considérer qu’il y a un « abus » de recours aux services d’urgence mais un service à rendre dans les meilleures conditions possibles. Avec un objectif à atteindre, diviser par deux le temps d'attente d'ici cinq ans.

Généraliser les circuits courts
Pour réduire les délais d'attente, l'AP-HP compte par exemple généraliser les circuits courts dédiés aux patients dont l'état ne nécessite pas d'hospitalisation, ni d'examens biologiques ou de radiologie compliqués, ce qui est le cas pour 20 % chez les adultes, et 40 à 50 % chez les enfants. Cela permettra de faire rapidement le tri de ces patients et de les évaluer. Le but espéré est que les patients qui attendent plus de 4 heures soient moins de 5 % pour les adultes, et moins de 3 % pour les enfants.
Mais pour tous ceux qui vont continuer à patienter dans les hôpitaux, Martin Hirsch veut aussi améliorer le temps d'attente aux urgences. Comment ? En faisant en sorte que les patients en attente ne soient plus laissés seuls. Ils pourront désormais être accompagnés soit par un proche, soit par une personne de confiance ou par des bénévoles volontaires qui seront intégrés en appui des équipes professionnelles et qui pourront les éclairer sur leur prise en charge.
S'agissant de ces derniers, le patron de l'AP-HP pense que des associations comme les « Transmetteurs », composée de médecins retraités, et de volontaires en Service Civique, pourront notamment remplir cette mission.

Bobologie : diriger ces patients vers des généralistes ouverts le soir 
Par ailleurs, l'AP-HP veut aussi mieux réguler les patients en amont, en orientant par exemple certains d'entre eux (traumatismes sans gravité) qui appellent le 15 vers des médecins généralistes exerçant dans un cabinet ouvert le soir. Autre solution : celle d'améliorer l'aval des services hospitaliers en gérant mieux le matériel médical et donc mettre des lits immédiatement à la disposition des personnes en besoin d’hospitalisation. En développant une méthode "management des lits", le personnel passera moins de temps à chercher des lits et plus de temps à soigner, est-il écrit dans le communiqué de presse de l'AP-HP. 

Enfin, notons que le directeur de l’institution parisienne a indiqué qu'il allait mettre ce plan en marche sans débourser un euro de plus et sans augmentation de personnel. Il explique qu’on peut être plus efficace en utilisant autrement ce qui existe déjà même s’il reconnaît que cela ne sera pas facile.
De leur côté, les syndicats de l'AP-HP ont accueilli avec scepticisme le plan de leur nouveau DG. Ils estiment que ce que propose le directeur de l’AP-HP est impossible. Pour la CGT par exemple, cette réforme ne pourra être mise en œuvre que si les soignants sont plus nombreux.