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Retour à un taux presque normal

La chirurgie de l'obésité associée à une chute du nombre de cancers

Par la rédaction avec Audrey Vaugrente

Grâce à la chirurgie de l’obésité, dite chirurgie bariatrique, le taux de cancers chez les personnes obèses retombe presque à la normale, souligne une récente étude.

DESRUS BENEDICTE/SIPA

La chirurgie de l’obésité n’est pas seulement bénéfique pour le métabolisme. Elle réduit aussi le surrisque de cancer auquel sont exposés les patients obèses, souligne une revue d’études dans Obesity Surgery. Une bonne nouvelle quand on sait que 44 000 interventions de ce genre ont été réalisées en 2013.

 

La chirurgie bariatrique consiste à réduire une partie de l’estomac à la taille d’une petite poche. Elle sera directement reliée à l’intestin grêle, ce qui évite aux aliments de passer par le reste de l’estomac et la partie supérieure de l’intestin. Cela permet d’assurer au patient une perte de poids durable, tout en réduisant les risques de décès prématuré dû à l’obésité. Mais une telle intervention abaisse aussi le risque de cancer à un niveau presque normal. En effet, le taux de cancer chez les personnes obèses s’élève à 2,12 cas pour 1 000 personnes-année. Après la chirurgie bariatrique, il s’établit à 1,06 cas pour 1 000 personnes-année.

 

Des raisons encore floues

Plusieurs études ont déjà suggéré les bienfaits de la chirurgie de l’obésité contre le cancer : le risque de cancer utérin recule de 70% grâce à une opération, et le risque de cancers hormono-dépendants (du sein, de la prostate ou du côlon) également. On note également moins d’infarctus, d’AVC et d’apnée du sommeil chez les patients opérés. Dernier argument en faveur de la procédure : la moitié des personnes diabétiques sont en rémission complète ou partielle.

 

Pour autant, il est impossible d’expliquer pourquoi la chirurgie bariatrique est si bénéfique. Certains évoquent des changements métaboliques induits par la perte de poids, d’autres estiment que c’est grâce à la perte de poids que l’on diagnostique plus tôt le cancer. Après une intervention, une personne obèse prend mieux conscience de sa santé, ce qui rend possible un diagnostic précoce. Cependant, Daniela Castagrande, principal auteur de l’étude, rappelle qu’il est encore difficile de séparer les effets de la chirurgie des multiples changements qui interviennent chez un patient.