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QUESTION D'ACTU

44 000 opérations en 2013 en France

EXCLUSIF : le nombre de chirurgies de l’obésité a triplé en 7 ans

Entre 2006 et 2013, le nombre d’actes de chirurgie bariatrique est passé de 13 600 à 44 000. Pour les experts, le suivi des milliers de patients n’est pas à la hauteur de l’essor de cette technique.  

EXCLUSIF : le nombre de chirurgies de l’obésité a triplé en 7 ans DESRUS BENEDICTE/SIPA

  • Publié 26.03.2014 à 05h00
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En moins de 10 ans, le nombre de chirurgies de l’obésité en France aurait triplé, passant de 13 600 interventions en 2006 à 44 000 en 2013. Avec près de sept millions d’obèses dans l’Hexagone, soit 15% de la population adulte, la pose d’un anneau gastrique, le By-pass ou encore la Sleeve a donc plus que jamais le vent en poupe. « Il y a eu 44 000 opérations en France l’année dernière, c’est le plus grand nombre d’interventions en Europe, révèle le Pr David Nocca responsable de l’équipe de chirurgie bariatrique au CHU de Montpellier et expert à la Haute Autorité de Santé (HAS). On était à 39 000 en 2012 et 30 000 en 2011. D’après les données du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), il y a eu en 2013, 24000 Sleeves, 13500 By-Pass, 5900 poses d’anneaux et 6000 anneaux enlevés » .

Mais cet essor est-il justifié et les chirurgiens n'ont-ils pas la main un peu trop lourde ? C'est presque le contraire, rétorquent les spécialistes compte tenu de l'évolution du nombre de patients souffrant d'obésité morbide. 

 

Ecoutez le Pr David Nocca,  : « On opère peu d’obèses massifs, par rapport à leur nombre réel en France. Mais il y a encore des gens qui pensent qu’ils n’ont qu’à pas manger, or l’obésité est une vraie maladie et à ce jour on a pas de traitement médical. »

 

De nombreux bénéfices, notamment dans le diabète
La chirurgie bariatrique a donc encore de beaux jours devant elle, d’autant que les études se multiplient révélant des effets positifs collatéraux en dehors de la perte massive de poids. La dernière en date présentée au congrès américain d’oncologie gynécologique montre que la chirurgie de l’obésité réduit le risque de cancer utérin de 70%. Et d’autres travaux ont déjà montré des bénéfices sur d’autres cancers, notamment hormonaux dépendants, comme le cancer du sein, de la prostate ou du côlon. Enfin, certaines études rapportent également un impact positif de cette chirurgie sur le syndrome d’apnée du sommeil ou encore sur le risque d’infarctus et d’AVC.
Mais le bénéfice le plus important est celui sur le diabète. Fin 2013, une analyse a en effet révélé que 50% des diabétiques étaient en rémission complète ou partielle grâce à elle. Cinq ans après cet acte chirurgical 80% des patients diabétiques avaient une glycémie normale.

Des patients opérés à haut risque car non suivis après l’opération
Malgré les nombreux résultats d’efficacité de la chirurgie de l’obésité, l’essor considérable de cette technique se fait-il dans de bonnes conditions ?
L’an dernier, l’Assurance Maladie s’était justement penchée sur ces pratiques et leur pertinence. Elle avait montré notamment que les différentes techniques étaient pratiquées de manière désordonnée sur le territoire. A chaque région, sa méthode.

Mais pour les spécialistes, c’est le suivi des milliers de patients « après » l’intervention, qui pose problème. Il n’est pour le moment pas à la hauteur de l'évolution de la technique. Pour Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris, actuellement 30 à 50% des patients sont perdus de vue par les équipes soignantes à 5 ans, alors qu’il est pourtant recommandé qu’ils soient suivis médicalement et de façon pluridisciplinaire toute leur vie.

 

Ecoutez le Dr Boris Hansel, : « Aujourd’hui la majeure partie des patients n’ont pas du suivi. Il y a des risques de dénutrition, de carences majeures, d’anémie ou même des troubles psychologiques importants. »

 

Pour améliorer le développement du suivi des patients suite à une chirurgie de l’obésité, alors que le nombre de médecins spécialisés et formés est encore insuffisant, certains médecins proposent que l’on fasse appel à d’autres professionnels de santé spécifiquement formés à cette problématique.

 

Ecoutez le Pr Jean-Luc Bouillot, chef du service de chirurgie digestive à l’hôpital Ambroise Paré : « L’urgence c’est de former les généralistes au suivi des patients obèses opérés ou même de donner la possibilité à des infirmières de suivre ces patients. »

 

Depuis plusieurs années, de nombreux experts tirent la sonnette d’alarme quant aux défaillances de la prise en charge actuelle proposée aux patients obèses après leur opération. La HAS a déjà publié des recommandations en ce sens en 2009. Pourtant, des milliers de patients - et ce chiffre ne cesse d’augmenter - sont opérés et lâchés dans la nature chaque année. Pour améliorer la surveillance de ces patients, Boris Ansel a récemment lancé un programme de télémédecine, baptisé Barianet. A l’initiative de l’institut du cardiométabolisme et de la nutrition (ICAN), cet outil est actuellement testé dans plusieurs hôpitaux français.

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