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Bloque l’infection par le virus

Sida : une protéine anti-VIH découverte dans des coraux d’Australie

Par Audrey Vaugrente

C’est une découverte inattendue : des chercheurs affirment avoir trouvé une protéine qui bloque l’infection par le VIH. Elle se trouve dans certains coraux au Nord de l’Australie.

Daniel Stoupin/Solent New/SIPA

Des coraux australiens pour se protéger du VIH, ce n'est pas de la science-fiction mais bien les résultats des travaux d'une équipe du National Cancer Institute  ! Ils contiennent une protéine capable de bloquer une infection au VIH, affirment ces chercheurs américains. Leur étude a été présentée ce 29 avril au congrès Experimental Biology 2014.

C'est presque par hasard, en examinant la biobanque de l’Institut, qu'ils ont identifé les protéines dans certains coraux situés au large de la côte Nord de l’Australie. « C’est toujours exaltant de découvrir une nouvelle protéine, que personne n’a jamais observée », s’enthousiasme le Pr Barry O’Keefe, principal chercheur. « Le fait que cette protéine semble bloquer une infection par le VIH – et d’une manière totalement nouvelle – rend cela vraiment excitant. »

 

Elles n’encouragent pas la résistance

Ces protéines sont très puissantes, explique l’équipe : elles peuvent bloquer des concentrations très élevées du virus dès la première étape de l’infection. Autrement dit, elles empêchent le VIH de pénétrer dans les lymphocytes T, cellules immunitaires que le virus détruit. « Nous avons découvert que les cnidarins se fixent sur le virus et l’empêchent de fusionner avec la membrane des lymphocytes T », détaille le Pr Koreen Ramessar. Le mécanisme est « totalement différent de ce qu’on a observé avec les autres protéines ; nous pensons donc qu’elles ont un mécanisme d’action unique. »

 

L’autre force de ces protéines, c’est qu’elles ne poussent pas le VIH à développer une résistance, contrairement aux autres traitements. « Même si le virus devenait résistant à ces protéines, il resterait sensible aux autres options thérapeutiques disponibles », détaille le Pr O’Keefe.
Il faudra encore tester les protéines pour déterminer leurs éventuels effets secondaires. Mais les chercheurs imaginent déjà la mise au point de gels et de lubrifiants sexuels, qui permettraient aux femmes de se protéger sans devoir s’en remettre aux hommes. La protection des femmes est particulièrement d’actualité car de nombreux outils se développent, en plus du peu populaire préservatif féminin. C’est notamment le cas d’anneaux vaginaux et de différents gels actuellement développés.