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Déserts médicaux : les médecins retraités appelés en renfort

Par Philippe Berrebi

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Des départs en retraite massifs, une jeune génération qui boude l’installation, les déserts médicaux gagnent du terrain en France. Alors, pour faire face à cette pénurie, les maires, les conseils généraux et les établissements de santé appellent à la rescousse les médecins retraités, explique Daniel Rosenweg dans Le Parisien. Près de 11 000 en 2013, ils seront trois fois plus en 2018 à cumuler leur retraite avec une activité rémunérée.

Jean Gaconnet est l’un de ceux-là. A 74 ans, raconte le quotidien, ce médecin exerce un temps partiel dans une clinique de soins de suite près de Pontarlier dans le Doubs. « Ici, l’hiver, il fait très froid, il y a souvent de la neige et c’est isolé. Même les locaux ne veulent pas venir », confie ce généraliste qui se dit heurté par l’attitude des jeunes diplômés. « Il y a de leur part un manque de disponibilité, estime-t-il. Pourtant, quand on fait médecine, on sait très bien que ces contraintes existent ».

Crise des vocations, pénibilité de l’exercice, les collectivités locales multiplient les offres alléchantes pour surmonter ces obstacles. Dans le département du Loiret, le conseil général va proposer plusieurs options pour recruter des médecins à la retraite : « des vacations payées 45 € de l’heure, un contrat à temps plein ou à temps partiel rémunéré 3 800 € brut par mois au maximum, plus une prime de 1 500 € », indique le journal.
Cette chasse aux seniors ne touche pas que les campagnes. En Ile-de-France, 831 généralistes, pédiatres et gynécologues manquent à l’appel pour compenser les cessations d’activité. Et dans les établissements de santé, même constat. Selon la société d’intérim en santé l’Appel médical, 4 465 postes restent à pourvoir sur tout le territoire.

Depuis 2006, rappelle Le Parisien, « le nombre de médecins retraités cumulant une activité a progressé de 300 % en France ».