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Journée mondiale

Le rein est l'organe le plus greffé en France

Par Antoine Llorca

L'évolution récente des greffes de rein à partir de donneurs vivants permet de greffer plus de receveurs même si les listes d'attente sont encore longues.

OLYMPIA/SIPA
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Environ 600 millions de personnes à travers le monde souffriraient d’une forme de maladie rénale chronique (MRC). Certains sont en attente d'une greffe. En 2012, en France, le nombre de greffes a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 3000. La progression de ce chiffre a continué sur l’année 2013 pour atteindre les 3069 greffes soit 60% du total des greffes. Constat dressé pr l’Agence de Biomédecine, les années 2012 et 2013 ont été bonnes pour les greffes de rein. Le rein est de loin l’organe le plus transplanté en France. Par exemple, le foie qui est le deuxième le plus greffé, ne représente que 24% du total des greffes. 

Cette augmentation du nombre de greffes de rein peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de greffes venant de donneurs vivants. Alors qu’en 2008 elles étaient à 8%, en 2012, elles atteignent les 12%Ce système tend à se développer même s'il n’est pas aussi conséquent qu'en Allemands ou aux Etats-Unis.

Des chiffres encourageants mais…
Malgré ces bons chiffres, le nombre de receveurs sur liste d’attente est en encore conséquent :  13 333 en 2012. Comme pour les autres organes, le nombre dde reins prélevés reste insuffisant. Mais d'autres raisons peuven expliquerces délais d'attente.Certains patients ont, par exemple, des groupes sanguins très rares ou bien des anticorps anti-HLA qui ne facilitent pas le travail. 

Dans son plan greffe 2012-2016 publié en mars 2012, le ministère de la Santé avait établi des grands axes stratégiques. Le développement de la greffe rénale d’un donneur vivant en fait parti. Il propose d’ «informer les professionnels de santé, les patients atteints d’insuffisance rénale et leur entourage sur les options thérapeutiques existantes, notamment sur la possibilité et les avantages de la greffe à partir de donneurs vivants » ainsi que d’«élaborer et publier, à l’attention des patients, une cartographie de l’offre disponible. 

33 000 personnes greffées

Habituellement, le traitement de l’insuffisance rénale terminale repose sur la dialyse et la greffe de rein. Cette dernière, lorsqu’elle est possible, est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale terminale car le rein greffé permet le plus souvent d’assurer normalement toutes les fonctions du rein. Un greffon de donneur vivant fonctionne en général très bien et surtout plus longtemps. Au 31 décembre 2012, le nombre estimé de porteurs de greffon fonctionnel de rein en France est de 33 298. Pour les greffes pratiquées entre 1993 et 2009, 77 % des greffons prélevés sur donneur vivant continuent de fonctionner, contre 63 % pour les greffes à partir de donneur décédé.

Chez les donneurs, c’est la même histoire. L'ablation d'un rein ne perturbe pas la santé du donneur et l’améliore même. Plusieurs années après l’acte chirurgical, les donneurs interrogés sont en excellente santé physique, comparé à la population générale au même âge, et même en meilleure santé chez les donneurs les plus âgés. Même si l’opération représente des risques pour le donneur, les décès sont rares. Selon les données internationales, on observe environ 3 cas de décès pour 310 000 personnes prélevées. En France, depuis la mise en place du registre de suivi des donneurs vivants de rein en 2004, aucun cas de décès de donneur vivant de rein n'est à déplorer.