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Hôpital Edouard Herriot (Lyon)

Première en France : aller au bloc opératoire à pied

Par Julian Prial

Le 26 février, Gilbert est allé à pied au bloc opératoire à pied pour une ablation du pancréas. Cette première en France vise à atténuer le stress du bloc opératoire pour diminuer les complications.

Jochen Sand / Mood Boar/REX/SIPA
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« Monsieur, vous allez où ? Me faire opérer ! » Cette scène qui se passe dans un hôpital a en effet de quoi suprendre. L'histoire s'est déroulé le mercredi 26 février, jour où Gilbert s'est rendu à l'hôpital pour une ablation d'une partie du pancréas et du foie. Une opération inédite puisque Gilbert est allé au bloc à pied entouré de deux professionnels de santé du service de chirugie digestive de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon. Une première en France.

Atténuer le stress provoqué par l'opération
L'homme en question est en effet le premier patient français a avoir expérimenté ce nouveau mode de prise en charge. Le service de chirurgie digestive de l’hôpital Edouard Herriot est le seul service en France à avoir adhéré à la société ERAS (Enhanced Recovery After Surgery – soit récupération améliorée après chirurgie) afin de mettre en place les 20 mesures proposées par ce programme. Son but, raccourcir la durée d’hospitalisation, mais  aussi atténuer le stress provoqué par une intervention chirurgicale dans le but de diminuer les complications et d’améliorer la réhabilitation tout en favorisant le bien-être du patient.
En détails, ce programme propose aux patients une prise en charge différente avant, pendant et après l'opération.
Avant l’intervention : une information claire et des conseils donnés aux patients sur ce nouveau mode de prise en charge avant leur admission ; pas de médicament avant l'anesthésie et une prise de boissons carbohydratées jusqu’à 2h avant l’anesthésie.
Pendant l’intervention : une anesthésie limitée ; privilège donné à des incisions courtes et aux techniques cœlioscopiques; éviter la pose de drain et dans la mesure du possible, procéder à l’ablation de la sonde nasogastrique avant la sortie du bloc opératoire.
Et enfin, après l’intervention : mobilisation des patients dès le jour de la chirurgie ; stimulation de la motricité intestinale ; ablation précoce des sondes urinaires et cathéters ; retour rapide à une alimentation normale.


Autre but : diminuer le convalescence et les complications
Ainsi, dans ce programme, le patient est plus que jamais acteur de sa prise en charge. Il n’a pas été prémédiqué, n’est pas à jeun et arrive au bloc à pieds, aux côtés de l’équipe chirurgicale.
Et pour Gilbert, cette première a pied est une réussite : « Le fait de marcher, de discuter voire de rire avec les soignants sur le chemin, ça nous fait penser à autre chose, on décompresse. C’est beaucoup moins impersonnel que d’être transporté sur un brancard les yeux rivés sur le plafond, explique-t-il. Et puis, aller au bloc debout c’est comme aller au combat. C’est une démarche volontaire, on affronte réellement cette épreuve ». Résultat, les médecins lui avait prédit 10 à 14 jours de convalescence à l’hôpital. Finalement, Gilbert est rentré chez lui une semaine après l’intervention.
Enfin, « si la technique a d’ores et déjà fait ses preuves (diminution des complications d’environ 50% pour une chirurgie colorectale), la réussite de sa mise mise en place dépend aussi beaucoup de l’adhésion des professionnels, que ce soit les chirurgiens, les anesthésistes, les infirmières ou encore les aides-soignantes... », précise le communiqué des Hospices de Lyon. Aujourd'hui, une vingtaine environ de patients ont emboité le pas de Gilbert. 

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