- L’objectif n’est pas de supprimer toutes les peurs, mais d’aider progressivement son enfant à comprendre ce qu’il ressent.
- Rassurer un enfant, c’est surtout trouver un équilibre entre protection et autonomie, sans le brusquer ni le forcer.
- Si l’anxiété perturbe trop l'enfant, il peut être utile d’en parler à un médecin.
Face aux terreurs nocturnes, à la peur du noir, à l’angoisse de l’école ou des piqûres, le premier réflexe des parents est souvent de rassurer. Pourtant, la peur est une émotion naturelle et normale face à un danger réel ou supposé. L’objectif n’est pas de supprimer toutes les peurs, mais d’aider progressivement son enfant à comprendre ce qu’il ressent et à découvrir qu’il possède des ressources pour y faire face.
Accueillir l’émotion sans la minimiser
Face à un enfant persuadé qu’un monstre se cache sous son lit, il peut être tentant de répondre que non, ça n’existe pas ! Pourtant, même si le danger est imaginaire, la peur ressentie par l’enfant est bien réelle. Mettre des mots sur ce que vit l’enfant lui permet progressivement d’identifier ses émotions et de comprendre qu’il peut les exprimer sans être critiqué.
Des phrases comme "Ce n’est rien", "Tu es grand maintenant" ou "Tu n’as aucune raison d’avoir peur" peuvent involontairement lui donner l’impression que son émotion est excessive ou illégitime. Accueillir la peur ne signifie pas confirmer qu’un danger existe, mais plutôt lui dire simplement : "Je vois que tu as très peur" ou "Ce bruit t’a vraiment inquiété".
Rassurer sans fausse promesse
Une fois l’émotion accueillie, votre rôle d’adulte est d’aider votre enfant à distinguer ce qu’il ressent de la réalité du danger. Le rassurer ne veut pas nécessairement dire garantir que tout se passera parfaitement. Avant une vaccination, par exemple, mieux vaut éviter de promettre qu’il ne sentira rien, mais dire plutôt : "Tu vas probablement sentir une petite piqûre, cela peut être désagréable, mais ça dure très peu de temps et je reste avec toi."
De même, certains enfants anxieux peuvent solliciter continuellement leurs parents pour être sûrs que rien ne va leur arriver. Cependant, si répondre systématiquement à chaque demande peut soulager sur le moment, cela entretient aussi le besoin d’être rassuré. Il est alors préférable d’encourager son enfant à s’appuyer sur ce qu’il sait déjà et sur ses propres capacités plutôt que systématiquement sur les adultes.
L’aider à découvrir qu’il peut faire face
Rassurer un enfant, c’est surtout trouver un équilibre entre protection et autonomie, sans le brusquer ni le forcer. Ainsi, si votre enfant a peur de dormir seul, un rituel stable puis une diminution progressive de la présence du parent peuvent être une bonne idée.
Pour le guider au mieux, vous pouvez formuler des questions ouvertes comme, par exemple : "Qu’est-ce qui t’inquiète le plus ?", "Qu’est-ce qui pourrait t’aider ?" ou "Tu te souviens d’une fois où tu avais peur et où tu as quand même réussi ?" Elles lui permettent de devenir progressivement acteur de son apaisement.
Si l’anxiété devient très intense, persiste, provoque des évitements importants ou perturbe le sommeil, la scolarité, les relations sociales ou la vie familiale, il est utile d’en parler à un médecin pour déterminer si un accompagnement spécifique est nécessaire.
En savoir plus : "Pour que votre enfant n'ait plus peur (Guides pour s'aider soi-même)" de Jacques Leveau.


