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Psychologie

D'où viennent les peurs irrationnelles des enfants ?

Ce type de peurs témoigne d’un cerveau en développement, d’une imagination fertile et d’un besoin de sécurité.

D'où viennent les peurs irrationnelles des enfants ? iStock/SergeyNivens




L'ESSENTIEL
  • Les peurs irrationnelles peuvent devenir chez certains enfants particulièrement intenses et envahissantes.
  • L'enfant peut croire que certains dangers invisibles existent vraiment.
  • Un contenu impressionnant ou même l’anxiété d’un parent peuvent influencer l’enfant.

Peur du noir, des monstres, de la séparation : ces étapes sont fréquentes et souvent transitoires. Pourtant, chez certains enfants, elles deviennent particulièrement intenses et envahissantes. Si ces réactions peuvent sembler disproportionnées, voire déroutantes, elles sont profondément réelles, car leur cerveau est encore en pleine construction.

Une imagination débordante face à un monde encore flou

Chez l’enfant, l’imagination lui permet d’explorer, de créer ou de jouer, mais aussi parfois de transformer la réalité. Vers trois ou quatre ans, la frontière entre le réel et l’imaginaire reste encore fragile : une ombre devient un monstre, un bruit anodin une menace.

Cette pensée dite “magique” fait que l’enfant peut croire que ses pensées influencent le monde ou que certains dangers invisibles existent vraiment. Ce n’est ni un manque de courage ni un caprice, mais le reflet d’une créativité riche qui n’est pas encore régulée par une logique rationnelle. Ce qui peut ainsi sembler insignifiant pour un adulte est, pour l'enfant, une véritable source de danger !

Un cerveau en développement qui amplifie les réactions

Les structures impliquées dans les émotions, comme l’amygdale, sont très actives dès le plus jeune âge. En revanche, les zones responsables de l’analyse et de la régulation, notamment le cortex préfrontal, sont encore immatures. Concrètement, cela signifie que le cerveau de l’enfant déclenche facilement des réactions d’alerte intenses, sans disposer encore des “freins” nécessaires pour relativiser.

Une séparation brève ou une situation inconnue peuvent ainsi provoquer une réaction disproportionnée et laisser une empreinte émotionnelle forte, car l’enfant se sent rapidement vulnérable.

Des peurs influencées par l’environnement

Les peurs ne naissent pas uniquement de l’intérieur, l’environnement joue aussi un rôle important. Un changement de routine, une tension familiale, un contenu impressionnant ou même l’anxiété d’un parent peuvent influencer l’enfant. Très sensible à son entourage, il capte les émotions sans toujours pouvoir les comprendre.

La peur peut aussi être une façon d’exprimer un besoin de sécurité, une inquiétude ou une difficulté qu’il ou elle ne parvient pas à formuler autrement. Une peur du noir peut, par exemple, traduire un besoin de proximité, ou une peur de l’école une appréhension sociale. L’enfant ne choisit pas d’avoir peur : il fait avec les ressources dont il dispose.

En savoir plus : "Les peurs et l'anxiété chez l'enfant" de Geneviève Pelletier.

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