- Les manifestations de peur chez un enfant expriment un besoin de soutien.
- Il faut expliquer à l'enfant que ses peurs sont légitimes et que tout le monde peut éprouver ce sentiment.
- La solution n'est pas l'évitement des situations qui font peur à l'enfant mais de l'aider à les affronter.
Chez l’enfant, les peurs s’expriment par des pleurs, des cauchemars, des maux de ventre ou un refus d’affronter certaines situations. Ces réactions ne sont ni des caprices ni un signe de faiblesse, mais l’expression d’un besoin de soutien. L’objectif n’est pas de faire disparaître la peur, ce qui est illusoire, mais d’aider l’enfant à comprendre ce qu’il ressent et à découvrir qu’il peut, pas à pas, apprendre à y faire face.
Reconnaître et valider l’émotion pour créer un climat de sécurité
La première étape consiste à accueillir la peur telle qu’elle est, sans la minimiser ni la dramatiser. Dire à un enfant qu’il n’a "aucune raison d’avoir peur" part souvent d’une bonne intention, mais peut lui donner le sentiment de ne pas être compris.
À l’inverse, reconnaître son émotion renforce le sentiment de sécurité. Par exemple, un enfant anxieux à l’idée de dormir seul a besoin d’entendre que l’on comprend que l’obscurité puisse l’inquiéter.
Nommer ce qu’il ressent, observer ensemble les sensations physiques et rester soi-même calme permet de diminuer l’intensité de l’angoisse. Cette validation montre à l’enfant que ses émotions sont légitimes et qu’il n’est pas seul pour les traverser.
Co-construire des stratégies d’apaisement
Une fois l’enfant rassuré sur le fait qu’il est écouté, le dialogue devient plus fluide. Les échanges gagnent à se faire dans des moments calmes, sans urgence immédiate. Poser des questions simples l’aide à mettre des mots sur ses peurs, pour ensuite chercher ensemble des solutions concrètes et adaptées à son âge.
Les rituels rassurants, les jeux symboliques ou les métaphores sont particulièrement efficaces. Comparer l’anxiété à une météo changeante, ou imaginer un rituel protecteur avant le coucher, permet à l’enfant de reprendre un sentiment de contrôle. Des exercices de respiration simples et ludiques peuvent également l’aider à apaiser son corps, en lui donnant des outils qu’il pourra réutiliser seul.
Encourager progressivement l’autonomie
Accompagner un enfant anxieux ne signifie pas éviter toutes les situations difficiles. Une protection excessive peut renforcer la peur à long terme. L’enjeu est plutôt de l’aider à avancer par petites étapes, à son rythme.
Face à une situation redoutée, comme une fête d’anniversaire ou une sortie dans un lieu fréquenté, vous pouvez proposer une participation sur un temps limité et ajustable pour lui permettre de se tester sans forcer.
En valorisant le fait d’avoir essayé, vous transmettez un message essentiel : le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité d’agir malgré elle !
En savoir plus : "Mon enfant est anxieux" de Marine Darnat-Wambèke.


