• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Dermatologie

Eczéma : le traitement le plus répandu ne tiendrait pas ses promesses

Des chercheurs canadiens ont fait un point sur les bénéfices et les risques de l’ajout d’antihistaminiques oraux aux traitements existants dans la prise en charge de la dermatite atopique.

Eczéma : le traitement le plus répandu ne tiendrait pas ses promesses coffeekai/iStock




L'ESSENTIEL
  • Chez les personnes atteintes d’eczéma, l'ajout d'antihistaminiques aux traitements habituels ne réduit pas de manière significative la sévérité de la maladie ni les démangeaisons.
  • De plus, ces médicaments pourraient ne pas atténuer les troubles du sommeil ni réduire la fréquence des poussées.
  • Certains antihistaminiques peuvent augmenter le risque de somnolence et d'altération des fonctions cognitives et conduire davantage de patients à arrêter leur traitement en raison des effets indésirables.

Démangeaisons, peau sèche, enflammée… Ces symptômes surviennent en cas d’eczéma, une maladie cutanée inflammatoire chronique, évoluant par poussées, qui est causée par une hyperactivité du système immunitaire. Pour traiter la dermatite atopique, qui altère souvent la qualité de vie, la santé mentale et les relations sociales, les patients prennent des antihistaminiques. "Malgré leur large utilisation, les évaluations fondées sur des preuves concernant leurs bénéfices et leurs risques dans le traitement de l'eczéma restent peu concluantes", selon des scientifiques de l’université McMaster (Canada).

47 essais portant sur 6.230 enfants et adultes atteints d’eczéma

Dans une nouvelle étude, ces derniers se sont alors intéressés aux bénéfices et aux risques de l'ajout d'antihistaminiques oraux aux traitements existants dans la prise en charge de l’eczéma. Pour mener à bien les travaux, l’équipe a utilisé plusieurs bases de données dont celle de la Food and Drug Administration et de l'Agence européenne des médicaments. Elle a passé en revue les résultats de 47 essais contrôlés portant sur 6.230 enfants et adultes, âgés en moyenne de 20 ans, atteints principalement d'eczéma modéré à sévère. Les travaux "comparaient les effets de l'ajout d'antihistaminiques oraux, d'antagonistes des récepteurs H2 de l’histamine, de stabilisateurs de mastocytes ou de combinaisons de ces traitements, par rapport à un placebo (avec ou sans utilisation concomitante d'hydratants ou de crèmes à base de corticoïdes)." Plusieurs critères, comme la gravité de l'eczéma, l’intensité des démangeaisons, les troubles du sommeil, les poussées, la qualité de vie, les effets indésirables (la sédation et la somnolence), ont été évalués.

Antihistaminiques contre l’eczéma : des bénéfices minimes, des effets secondaires plus marqués

D’après les résultats, publiés dans la revue The BMJ, par rapport au placebo, les antihistaminiques oraux H1 entraînent probablement une réduction minime "et cliniquement non significative" de la gravité de l'eczéma et de l'intensité des démangeaisons, sans pour autant réduire les troubles du sommeil ou les poussées. Les auteurs ont constaté que les antihistaminiques de première génération (sédatifs) augmentaient les troubles cognitifs, tels que la sédation et la somnolence, et pourraient accroître le risque d'arrêt du traitement en raison des effets secondaires.

Selon auteurs, ces observations lèvent les incertitudes persistantes quant au rôle des antihistaminiques dans le traitement de l'eczéma. "Ces recherches ne soutiennent pas l'utilisation systématique d'antihistaminiques dans la prise en charge de la dermatite atopique. Nous avons jeté les bases d'une évolution des pratiques fondée sur des données probantes, favorisant ainsi l'élaboration de recommandations actualisées qui privilégient l'efficacité, la sécurité et une prise en charge centrée sur le patient."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES