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QUESTION D'ACTU

Déclin cognitif

Alzheimer : une simple prise de sang peut-elle prédire la maladie ?

Un test sanguin mesurant la protéine p-tau217 pourrait estimer le risque de développer un déclin cognitif plusieurs années avant les premiers symptômes d'Alzheimer, selon des chercheurs.

Alzheimer : une simple prise de sang peut-elle prédire la maladie ? Artico / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude montre qu'un test sanguin mesurant la protéine p-tau217 peut estimer le risque futur de déclin cognitif.
  • Les personnes présentant les taux les plus élevés sont davantage exposées à développer des troubles dans les années suivantes.
  • Ce test n'est pas encore recommandé chez les personnes sans symptôme, selon les chercheurs.

Pouvoir estimer le risque de développer la maladie d'Alzheimer avant même l'apparition des premiers troubles de la mémoire : c'est la promesse d'un nouveau test sanguin, dont les détails ont été présentés lors de la Conférence internationale de l'Alzheimer's Association (AAIC). Une vaste étude internationale, publiée dans le JAMA, montre que le dosage d'un biomarqueur spécifique pourrait identifier les personnes les plus exposées au déclin cognitif.

Une protéine qui révèle les premiers signes de l’Alzheimer

Menée par des scientifiques du Mass General Brigham Neuroscience Institute et de l'Université Harvard, aux Etats-Unis, la recherche s'est intéressée à la protéine p-tau217, une forme modifiée de la protéine tau, caractéristique de la maladie d’Alzheimer. Selon les chercheurs, son augmentation dans le sang reflète les processus biologiques à l'origine de la pathologie, parfois des années avant les premiers symptômes. Jusqu'à présent, le dépistage reposait principalement sur l'imagerie cérébrale ou des examens plus invasifs. Une simple prise de sang pourrait donc offrir une alternative plus simple pour évaluer le risque individuel.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 2.684 adultes âgés, sans trouble cognitif au départ, issus de six cohortes en Amérique du Nord, au Japon et en Australie. Les participants ont été suivis pendant cinq à dix ans avec des évaluations régulières de leur mémoire et de leurs capacités cognitives.

Les résultats montrent que les personnes présentant les taux les plus élevés de p-tau217 avaient un risque de 38 % de développer un déclin cognitif dans les cinq ans, un chiffre qui atteignait 78 % après dix ans. Le biomarqueur prédisait ce risque indépendamment d'autres facteurs connus, comme les plaques amyloïdes visibles à l'imagerie ou la prédisposition génétique liée au gène APOE4.

Identifier les patients les plus à risque d’Alzheimer

Les chercheurs insistent toutefois sur une limite : ce test ne permet pas de prédire avec certitude l'apparition de la maladie. "Nous ne recommandons pas actuellement les examens sanguins disponibles chez les personnes sans symptôme", souligne la neurologue Reisa Sperling, coautrice de l'étude, dans un communiqué. Elle rappelle que les conseils de prévention restent les mêmes : "Faire de l'exercice régulièrement, adopter une alimentation saine, privilégier le sommeil et une bonne hygiène de vie".

Pour Rachel F. Buckley, qui a participé à l'étude, ces travaux constituent "une étape cruciale" vers une estimation personnalisée du risque. Les auteurs estiment que, si les essais de traitements préventifs en cours sont concluants, ce biomarqueur pourrait aider à identifier les personnes qui bénéficieraient d'une prise en charge plus précoce. D'ici là, des études plus poussées restent nécessaires pour confirmer ces résultats.

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