- Johnson & Johnson propose un accord de 5,5 milliards de dollars pour régler 76 000 plaintes liées à son talc.
- L'entreprise continue de nier tout lien entre ses produits et les cancers de l'ovaire.
- Le talc est classé depuis 2024 comme "probablement cancérogène" par le CIRC.
Pendant plus de dix ans, le talc pour bébé de Johnson & Johnson a été au cœur d'une bataille judiciaire hors norme. Accusé par des dizaines de milliers de personnes d'avoir favorisé l'apparition de cancers, le groupe américain vient d'accepter un accord financier record pour mettre fin à la plupart des poursuites aux États-Unis. Un règlement qui, cela dit, ne clôt pas le débat scientifique sur les risques liés au talc.
Pourquoi le talc est-il sous surveillance ?
Selon l’agence Reuters et le communiqué de Johnson & Johnson, l'entreprise prévoit de verser 5,5 milliards de dollars afin de régler environ 76.000 plaintes liées à des cancers de l'ovaire. L'accord ne sera toutefois effectif que si au moins 95 % des plaignants concernés l'acceptent. Le laboratoire continue de contester tout lien entre son talc et le cancer, estimant que ces accusations sont "dépourvues de fondement scientifique" et reposent sur "des avis d'experts peu fiables". Cela dit, Johnson & Johnson a cessé de commercialiser sa poudre pour bébé à base de talc aux États-Unis et au Canada dès 2020, avant de la retirer du marché britannique en 2023 au profit d'une version à base d'amidon de maïs.
En 2024, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'OMS spécialisée dans le cancer, a classé le talc comme "probablement cancérogène pour l'Homme" (groupe 2A). Dans son évaluation, publiée dans The Lancet Oncology, l'organisme évoque des "preuves limitées de cancer" chez l'humain mais "suffisantes" chez l'animal.
Dans le détail, les experts soulignent que "de nombreuses études ont montré de manière cohérente une augmentation de l'incidence du cancer de l'ovaire chez les personnes déclarant avoir utilisé des poudres corporelles à base de talc dans la région périnéale". Ils précisent toutefois qu'il n'a pas toujours été possible d'exclure l'influence d'autres facteurs, notamment une exposition à l'amiante dans certains contextes professionnels.
Des procédures qui se poursuivent
Les poursuites contre Johnson & Johnson ne sont pas terminées. Au Royaume-Uni, plus de 3.000 plaignants ont engagé une action devant la Haute Cour de Londres en 2025. Ils estiment que l'utilisation de la poudre pour bébé de la marque a contribué à des cancers de l'ovaire, du péritoine ou de la plèvre. Le cabinet qui les représente évalue les indemnisations potentielles à plus d'un milliard de livres, soit plus de 1,15 milliard d'euros.
Pour rappel, en juin 2024, avait déjà accepté de verser 700 millions de dollars pour mettre fin à une enquête menée par 42 États américains sur la commercialisation de ses produits à base de talc.



