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Lactation induite : peut-on allaiter un bébé sans avoir été enceinte ?

Au Canada, Allie et Sam Conway sont devenues parents de jumeaux issus d’une FIV. L’une les a portés et mis au monde, l’autre, qui n'a jamais été enceinte, est parvenue à allaiter les bébés. Mais comment est-ce possible ? Zoom sur la lactation induite, une pratique encore méconnue.

Lactation induite : peut-on allaiter un bébé sans avoir été enceinte ? Sergey Iakushev/iStock




L'ESSENTIEL
  • Il est possible d’allaiter sans avoir été enceinte grâce à la lactation induite, qui repose sur le fait de reproduire les mécanismes hormonaux de la grossesse et de l’allaitement.
  • Ce protocole, demandant un engagement physique important combine hormones, médicaments et stimulation régulière des seins.
  • "C'était intense, épuisant, mais je suis tellement fière d'elle d'avoir tenté l'aventure, malgré les nombreux professionnels qui lui disaient qu'elle n'y arriverait pas", a déclaré le couple canadien qui a accueilli des jumeaux.

Leur histoire semble impossible… et pourtant, elle est bien réelle. En Nouvelle-Écosse (Canada), un couple, Allie et Sam Conway, a eu recours à une fécondation in vitro (FIV) pour concrétiser leur désir d’enfant. Selon le média Today, c’était un travail d’équipe. "Sam a fourni les ovocytes pour une FIV, Allie a porté et mis au monde les jumeaux et c'est Sam qui a allaité les bébés." Bien que Sam ne soit jamais tombée enceinte, elle a réussi à tirer environ 1,2 litre de lait maternel par jour. Face à cette situation, une question se pose alors : comment a-t-elle fait ? "Il est possible d'allaiter sans avoir connu de grossesse", d’après la Mayo Clinic, un centre médical américain. Cela s’appelle la lactation induite.

Comment induire la lactation sans avoir été enceinte ?

Pour rappel, la production naturelle de lait est déclenchée par une interaction complexe entre trois hormones, les œstrogènes, la progestérone et l'hormone lactogène placentaire humaine, durant les derniers mois de la grossesse. À l'accouchement, les taux d'œstrogènes et de progestérone chutent, permettant à la prolactine (stimulant la production de lait) d'augmenter et de déclencher la production de lait. Dans le cas d’une lactation induite, qui demande "beaucoup de détermination et de préparation", la patiente doit suivre un traitement hormonal (comme un apport supplémentaire en œstrogènes ou en progestérone), pouvant s’étendre sur s’étendre sur plusieurs mois.

"Environ deux mois avant la date prévue pour le début de l'allaitement", elle devra arrêter ce traitement, prescrit par un professionnel de santé, imitant les effets de la grossesse et commencer à tirer son lait à l'aide d'un tire-lait électrique. "Cela stimule la production et la libération de prolactine. Au début, elle tire le lait pendant cinq minutes, trois fois par jour. Ensuite, elle augmente progressivement la durée jusqu'à 10 minutes toutes les quatre heures, en incluant au moins une séance la nuit. Puis elle passe à des séances de 15 à 20 minutes toutes les deux ou trois heures et garde cette routine jusqu'à l'arrivée du bébé", explique la Mayo Clinic.

Lactation induite : "Il nous a fallu un certain temps pour trouver" un professionnel de santé

Dans le cas du couple, Allie et Sam Conway ont contacté des consultantes en lactation. "Il nous a en réalité fallu un certain temps pour trouver quelqu’un qui soit disposé à nous aider et qui croie que cela fonctionnerait. Lors de son rendez-vous, on a prescrit à Sam une variante du protocole Newman-Goldfarb. Cela a commencé par la prise d’un contraceptif, sans pilules placebo. L’objectif est de faire croire à son corps qu’il portait un enfant, et plus on reste longtemps dans cette phase, plus cela a tendance à bien fonctionner. Elle a suivi ce traitement pendant environ deux mois (tout cela avant même la naissance des jumeaux)", ont écrit les tourtereaux sous une photo publiée sur leur compte Instagram.

Par la suite, Sam a arrêté la pilule et a ensuite pris un médicament appelé dompéridone, "utilisé hors Autorisation de Mise sur le Marché", pour favoriser la production de lait. À partir de là, elle a commencé à tirer son lait toutes les deux à trois heures, sans jamais laisser passer plus de quatre heures sans tirer, "ce qui impliquait de se réveiller la nuit également, et de ne manquer aucune séance de tirage. Elle utilisait un tire-lait, se massait les seins pendant le tirage et ajoutait une séance quotidienne de power pumping (tirage intensif)."

Une production de lait qui augmentait lentement mais sûrement

Au début, Sam n’arrivait à produire que quelques gouttes. "La quantité a rapidement augmenté pour atteindre environ 30 ml par jour Au bout de quelques semaines, je tirais 30 ml à chaque séance et, au moment de la naissance des jumeaux, je produisais plus de 1,2 litre par jour. Je produisais donc plus que la quantité nécessaire pour un seul bébé", a confié la jeune maman qui a pu commencer à stocker du lait avant même l’arrivée des bébés. "Notre congélateur était plein à craquer ! (…) C'était intense, épuisant et, parfois, franchement accablant, mais c'était aussi quelque chose auquel elle s'était pleinement consacrée ! Je suis tellement fière d'elle d'avoir tenté l'aventure, malgré les nombreux professionnels qui lui disaient qu'elle n'y arriverait pas, et d'avoir nourri nos garçons pendant si longtemps !"

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