- Prendre trop de poids pendant la grossesse augmente le risque de complications graves, quel que soit le poids de départ (insuffisant, normal, en surpoids ou obèse).
- Le risque de morbidité maternelle sévère (hémorragie majeure, septicémie, admission en soins intensifs…) le plus marqué est observé chez les femmes enceintes qui étaient initialement en insuffisance pondérale.
- Les recommandations relatives à la prise de poids doivent ainsi être individualisées selon le poids avant la grossesse.
Quel que soit le poids initial, classé comme insuffisant, normal, en surpoids ou obèse, une prise de poids excessive pendant la grossesse est associée à un risque élevé de complications pouvant mettre la vie en danger. Pour parvenir à cette conclusion, des scientifiques de l’université McMaster (Canada) ont mené une étude visant à comprendre les causes et le moment de survenue de la morbidité maternelle sévère, à identifier les populations les plus touchées, à examiner les conséquences à long terme sur la santé physique, sociale et mentale, et à déterminer comment réduire la morbidité maternelle sévère ainsi que ses effets néfastes.
Grossesse : "La morbidité maternelle sévère englobe les complications potentiellement mortelles"
"La morbidité maternelle sévère englobe les complications potentiellement mortelles survenant durant la période périnatale et entraînant des conséquences physiques et mentales à long terme, telles qu'une hémorragie majeure ou une septicémie. La prise de poids gestationnelle est un facteur modifiable au cours de la grossesse. Toutefois, son lien avec la morbidité maternelle sévère reste mal compris", ont spécifié les auteurs.
Afin d’analyser le lien entre la prise de poids gestationnelle et la morbidité maternelle sévère en fonction des catégories d’IMC avant la grossesse, l’équipe a croisé des informations issues du registre des naissances de la population à Ontario et des données d'hospitalisation provenant de l'Institut canadien d'information sur la santé pour la période allant d'avril 2012 à mars 2022. Elle a pris en compte des grossesses uniques ayant abouti à un accouchement en milieu hospitalier après au moins 20 semaines de grossesse ou avec un poids à la naissance d'au moins 500 grammes. La prise de poids gestationnelle a été classée comme insuffisante, adéquate ou excessive.
Une prise de poids excessive, un facteur de risque important de morbidité maternelle sévère
Sur 1.035.927 grossesses, 18,6 % présentaient une prise de poids gestationnel insuffisante, 28,6 % une prise de poids adéquate et 52,8 % une prise de poids excessive. D’après les résultats, présentés lors du Congrès international sur l'obésité (ICO 2026), 1,46 %, soit environ 3 femmes enceintes sur 200, ont présenté une morbidité maternelle sévère. Les chercheurs ont souligné qu’une prise de poids gestationnel excessive était liée à un risque accru de complications graves dans toutes les catégories d'IMC avant la grossesse, y compris chez les femmes en insuffisance pondérale (risque accru de 33 %), de poids normal (24 %), en surpoids (16 %) et atteintes d'obésité de classe I (21 %), de classe II (28 %) ou de classe III (24 %). Les risques liés à une prise de poids gestationnelle excessive étaient encore plus élevés chez les patientes souffrant de maladies préexistantes, comme le diabète ou l’hypertension. Selon l’équipe, une prise de poids insuffisante durant la grossesse était aussi associée à un risque accru de la morbidité maternelle sévère, principalement chez les femmes des catégories d'IMC dit "normal" (risque accru de 13 %) et en "surpoids" (19 %).
"Disposer de davantage de ressources pour favoriser une prise de poids saine"
"Ces résultats pourraient contribuer à affiner les recommandations relatives à la prise de poids gestationnel. Une prise de poids saine pendant la grossesse n'est pas seulement importante pour les femmes ayant un IMC élevé, elle concerne toutes les femmes enceintes, quel que soit leur poids. L’étude souligne la nécessité de disposer de davantage de ressources pour favoriser une prise de poids saine durant la grossesse et améliorer les résultats de santé pour les mères et les bébés", a conclu Sahar Khademioore, auteure principale des travaux.



