- Une alimentation pauvre en glucides, souvent plus riche en graisses saturées, peut faire fortement augmenter le cholestérol LDL ("mauvais cholestérol") chez certaines personnes, mais pas chez d’autres.
- Cela s’explique par le fait que certains patients sont plus sensibles aux effets des graisses saturées sur le cholestérol LDL en raison de leur patrimoine génétique.
- Selon les chercheurs, il n’existe probablement pas de régime universel adapté à tout le monde.
Même régime alimentaire, résultats opposés. C’est le constat fait par plusieurs adultes présentant du mauvais cholestérol. Mais pourquoi certains corps ne réagissent-ils pas comme les autres ? Afin de répondre à cette question, des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) ont mené une étude au cours de laquelle ils ont tenté de trouver un moyen de prédire qui tirerait profit d'un régime pauvre en glucides et qui risquerait, au contraire, de voir son taux de cholestérol LDL grimper dangereusement. Pour rappel, l’adoption d’une alimentation faible en glucides peut favoriser la perte de poids et la régulation de la glycémie chez certaines personnes, mais leurs effets sur le cholestérol LDL sont variables.
Cholestérol : certains patients sont plus sensibles aux effets des graisses saturées en raison de leur profil génétique
Pour les besoins de leurs travaux, l’équipe a utilisé les données d’un essai contrôlé portant sur plus de 600 adultes. Les participants ont suivi, pendant un an, soit un régime sain pauvre en glucides, soit un régime sain pauvre en graisses. Au cours de l’intervention, les auteurs ont évalué les liens entre le génotype (ensemble des informations génétiques qu’une personne possède dans son ADN), l'apport en graisses saturées, le type de régime alimentaire et l'évolution du taux de cholestérol LDL entre le début de l'étude et l'échéance des six mois chez 431 volontaires de l’essai pour lesquels des données génétiques étaient disponibles.
Les résultats, présentés lors du congrès annuel Nutrition 2026 de l'American Society for Nutrition le 27 juillet dans le Maryland, ont montré que parmi chez les patients suivant un régime faible en glucides, ceux présentant une prédisposition génétique à un taux élevé de cholestérol LDL étaient plus susceptibles de voir leur taux de cholestérol augmenter. Les données ont mis en avant que cette hausse était liée à une sensibilité accrue aux graisses saturées. Dans le détail, les volontaires présentant un risque génétique plus élevé enregistraient les plus fortes augmentations de cholestérol LDL lorsqu'ils consommaient davantage de graisses saturées. Ce phénomène n'a pas été observé chez les participants suivant un régime pauvre en graisses.
Ne pas "supposer que les résultats seront identiques pour tous"
"Ces recherches mettent en évidence une réelle hétérogénéité dans la manière dont les personnes réagissent à l'alimentation", a déclaré Alexa Barad, docteure et diététicienne-nutritionniste qui a dirigé l’étude. D’après elle, les médecins pourraient, à l’avenir, utiliser les scores polygéniques (une estimation de la prédisposition génétique d’une personne à un trait ou à une maladie) pour identifier les personnes les plus susceptibles de réagir défavorablement, en termes de taux de cholestérol LDL, à certaines modifications alimentaires. "Cette étude montre qu’il est nécessaire de surveiller la réaction de son organisme à un changement d'alimentation plutôt que de supposer que les résultats seront identiques pour tous."



