- Une méta-analyse montre que le jeûne intermittent réduit le poids et l’IMC, mais les réponses métaboliques ne sont pas les mêmes à 20 ans qu’à 60 ans.
- Une partie importante du poids perdu, grâce à cette pratique alimentaire, provient du muscle, surtout chez les seniors qui en perdent déjà naturellement avec l’âge. Cela peut donc devenir problématique pour eux.
- Les chercheurs estiment qu’il faudrait des recommandations adaptées à l’âge plutôt qu’une approche unique pour tous.
Le jeûne intermittent est connu pour favoriser la perte de poids et améliorer la santé cardiométabolique. "Cependant, son efficacité et ses risques potentiels selon l'âge restent mal connus", selon des chercheurs du Ningxia Medical University (Chine). C’est pourquoi ces derniers ont réalisé une étude au cours de laquelle ils ont évalué les effets de cette pratique, alternant entre phases de jeûne et périodes prises alimentaires, sur la composition corporelle et les marqueurs cardiométaboliques en fonction de l'âge.
Les effets du jeûne intermittent sur la santé sont influencés par l’âge
Pour les besoins des travaux, publiés dans la revue Nutrients, l’équipe a analysé 28 essais cliniques menés auprès de plus de 1.833 personnes. Les participants ont été répartis en trois groupes : moins de 30 ans, 30 à 44 ans et 45 ans et plus. Elle s’est concentrée sur leur composition corporelle, leur profil lipidique, leurs marqueurs glycémiques et leur pression artérielle. Selon les résultats, le jeûne intermittent réduit le poids corporel et l'IMC, indépendamment de l'âge et du sexe.
Les analyses de sous-groupes ont révélé des réponses physiologiques comparables entre le jeûne prolongé et la restriction énergétique intermittente. Dans le détail, les adultes d'âge moyen et les personnes âgées ont présenté les améliorations les plus marquées au niveau des triglycérides, de la pression artérielle systolique et de la sensibilité à l'insuline. Les volontaires en début de quarantaine ont présenté des réponses très variables, sans amélioration globale significative des paramètres cardiométaboliques.
Les scientifiques ont observé que le « mauvais cholestérol » a augmenté en moyenne, tous groupes d’âge confondus, alors que de précédentes recherches avaient suggéré que le jeûne intermittent réduisait généralement le cholestérol LDL. "Le risque général d’élévation du LDL-C, quel que soit l’âge, impose une surveillance attentive du profil lipidique. Par conséquent, même si votre glycémie et vos triglycérides s’améliorent, des analyses régulières du cholestérol sont essentielles pour les personnes suivant un régime de jeûne afin de préserver leur santé cardiovasculaire", ont-ils précisé.
Une perte musculaire qui représente un danger pour les personnes âgées
Autre constat : une personne d’une vingtaine d’années présente des adaptations physiologiques très différentes de celles d’une personne de 60 ans. Dans certains groupes, une part importante des kilos perdus correspondait à de la masse maigre, et non uniquement à de la graisse. Par exemple, chez les jeunes, 65 % de la perte de poids provenait de la masse maigre. "Sans une planification rigoureuse, les personnes qui jeûnent peuvent finir par être plus minces et plus faibles. Cela pourrait s'avérer particulièrement dangereux pour les personnes âgées, qui subissent naturellement une perte musculaire chaque année."
D’après les chercheurs, cette réponse liée à l’âge remet en question l’approche traditionnelle du jeûne, qui prétend convenir à tous, car il est essentiel de prévenir la perte musculaire. Plusieurs travaux ont avancé que la musculation et un apport protéique plus élevé peuvent compenser la perte de masse musculaire liée au jeûne. "Les experts recommandent désormais à toute personne suivant un régime de jeûne intermittent d'augmenter son apport en protéines et de pratiquer la musculation afin de préserver ses muscles pendant la restriction calorique."
Jeûne intermittent : "Tout est question d’adaptation"
Dans les conclusions, l’équipe souligne que l’objectif de cette étude n’est pas de condamner le jeûne intermittent. "C’est un outil efficace de gestion du poids", mais pas une solution miracle. "Tout est question d’adaptation. Concrètement, cela implique d’alterner jeûne et activités physiques bénéfiques pour les muscles. Un apport important en protéines de haute qualité, combiné à une activité physique régulière, surtout avec l'âge, peut contribuer à préserver la force."



