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Coupe du Monde 2026

Peut-on mourir de stress pendant un match ?

Gare aux émotions lors de le Coupe du Monde de football 2026 qui débute le 11 juin : chez une personne fragile, un match décisif peut agir comme un déclencheur avec montée adrénaline, tension qui grimpe, cœur qui s’emballe, colère ou euphorie brutale.

Peut-on mourir de stress pendant un match ? iStock/Jovanmandic




L'ESSENTIEL
  • En 2006 en Allemagne, les chercheurs ont observé une hausse nette des urgences cardiovasculaires les jours où l’équipe nationale jouait.
  • L’émotion laisse une trace physique, même si elle est généralement transitoire.
  • Les personnes ayant déjà fait un infarctus, souffrant d’angine de poitrine, d’hypertension mal contrôlée, de troubles du rythme ou accumulant tabac, diabète et cholestérol doivent être prudentes.

Pour certains supporters, regarder un penalty n’a rien d’une activité passive. Le corps réagit comme face à un danger : respiration plus courte, muscles tendus, fréquence cardiaque en hausse, pression artérielle qui augmente. L’American Heart Association rappelle qu’une situation stressante entraîne une libération d’adrénaline, avec accélération de la respiration, du rythme cardiaque et élévation de la pression artérielle. (www.heart.org)

Un match très tendu concentre tout ce que le cœur n’aime pas : attente, peur de perdre, colère contre l’arbitre, euphorie d’un but, puis parfois alcool, tabac, repas lourd et sommeil écourté. Chez une personne jeune et en bonne santé, cela se traduit le plus souvent par des palpitations, une boule au ventre et une grosse fatigue émotionnelle. Chez un patient coronarien, hypertendu, diabétique, fumeur ou déjà suivi pour le cœur, le cocktail peut devenir dangereux.

Ce que disent les études sur les effets de l'émotion durant un match

Le signal le plus connu vient de la Coupe du monde 2006. En Allemagne, les chercheurs ont observé une hausse nette des urgences cardiovasculaires les jours où l’équipe nationale jouait : le taux d’événements cardiaques était 2,66 fois plus élevé que pendant les périodes de contrôle, avec un pic dans les deux premières heures après le début du match. Le risque était particulièrement marqué chez les hommes et chez les personnes ayant déjà une maladie coronaire. (PubMed)

Cela ne veut pas dire que tous les supporters devraient regarder les matchs sous monitoring. Cela signifie plutôt qu’une émotion extrême peut servir de « gâchette » à un infarctus, un trouble du rythme ou une poussée hypertensive chez les personnes prédisposées. Le match n’est pas la cause profonde ; il est l’étincelle.

Pourquoi le cœur peut dérailler

Le stress aigu active le système nerveux sympathique. Le cœur bat plus vite, les artères se contractent, la pression monte, les besoins en oxygène du muscle cardiaque augmentent. Si une artère coronaire est déjà rétrécie, cette demande supplémentaire peut suffire à déséquilibrer la situation.

Des travaux récents sur la colère montrent aussi qu’une émotion brève peut altérer temporairement la capacité des vaisseaux à se dilater, un mécanisme important pour la santé cardiovasculaire. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’être « trop émotif » : l’émotion laisse une trace physique, même si elle est généralement transitoire. (www.heart.org)

Le bon réflexe : se connaître

Peut-on mourir de stress devant un match ? Oui, exceptionnellement. Mais la vraie question est : qui est à risque ? Les personnes ayant déjà fait un infarctus, souffrant d’angine de poitrine, d’hypertension mal contrôlée, de troubles du rythme ou accumulant tabac, diabète et cholestérol doivent être prudentes.

Regarder le match assis, limiter l’alcool, éviter de fumer pendant les prolongations, prendre son traitement, s’hydrater et ne pas rester seul quand on se sait fragile n’enlève rien à la passion. Cela permet seulement que la séance de tirs au but reste ce qu’elle doit être : une torture émotionnelle, pas une urgence vitale.

Les signes à ne jamais attribuer au simple stress

Douleur ou oppression au milieu de la poitrine, douleur qui part vers le bras, la mâchoire ou le dos, essoufflement brutal, malaise, sueurs, nausées, fatigue inhabituelle : pendant un match, ces signes ne doivent pas être banalisés. L’Assurance maladie rappelle que l’infarctus est une urgence vitale et recommande d’appeler le 15 ou le 112 en cas de douleur évocatrice ou même de doute. Si une personne perd connaissance, ne répond plus et respire mal ou plus du tout, il faut appeler les secours, commencer le massage cardiaque et demander un défibrillateur. (Ameli)

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