- La PrEP est un traitement préventif très efficace contre le VIH.
- Malgré son remboursement intégral, elle reste encore peu utilisée par plusieurs populations à risque.
- Le CNS appelle à un accès plus large et plus équitable à cet outil de prévention.
Quelque 5.000 personnes découvrent chaque année leur séropositivité au VIH en France. Il existe pourtant un traitement préventif capable d'éviter la grande majorité des contaminations existe, remboursé à 100 % et disponible depuis plusieurs années. Dans un communiqué de presse, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) alerte aujourd'hui sur un paradoxe : la PrEP reste encore trop peu connue et inégalement accessible.
Une protection efficace contre le VIH
La prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le nom de PrEP, est destinée aux personnes séronégatives qui souhaitent réduire leur risque d'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le principe est simple : prendre un traitement antirétroviral avant une éventuelle exposition au virus. Disponible en France depuis 2016 sous forme de comprimés, la PrEP est entièrement prise en charge par l'Assurance Maladie. Depuis février 2026, une version injectable à longue durée d'action est même accessible : le cabotégravir, commercialisé sous le nom d'Apretude par ViiV Healthcare.
L’efficacité de PrEP est largement reconnue. Selon une étude d'EPI-PHARE (ANSM – Cnam) publiée en 2022, elle permet d'éviter une contamination dans 93 % des cas lorsqu'elle est correctement suivie. La virologue Constance Delaugerre, présidente du comité scientifique et médical du Sidaction, évoquait même en décembre 2025 sur France Inter une efficacité de "98 %", estimant qu'il s'agit de "l'un des meilleurs outils de prévention".
Un recours à la PrEP encore trop limité
Malgré ces résultats, le recours à la PrEP demeure insuffisant. Principalement utilisée par des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, de nombreuses autres populations exposées au VIH y ont peu recours ou ne la connaissent pas. Le CNS cite notamment les femmes migrantes originaires d'Afrique subsaharienne, les hommes migrants, les travailleurs et travailleuses du sexe, les personnes trans, les personnes en situation de précarité ou encore celles vivant loin des grandes villes. Ainsi, selon le Conseil, "près de la moitié des hommes pour lesquels elle serait indiquée ne l'utilisent pas", en particulier les plus jeunes.
Plusieurs obstacles expliquent cette situation : le manque d'information, la stigmatisation, les difficultés administratives, les barrières linguistiques ou encore l’accès parfois compliqué aux centres de soins. Le CNS s'inquiète également de l'affaiblissement des associations de terrain, qui jouent un rôle crucial dans la prévention.
Changer le regard sur la PrEP
Pour les experts, il est temps de faire évoluer l'image de ce traitement, alors que, selon le CNS, la PrEP est encore trop souvent perçue comme un outil réservé aux hommes gays ou aux personnes considérées comme très exposées au risque de VIH. L'organisme appelle donc à "changer le regard sur la PrEP" grâce à une communication plus inclusive et à une mobilisation de l'ensemble des professionnels de santé.
Il recommande aussi d'en faire un outil de première ligne, au même titre que le préservatif, le dépistage ou le traitement comme prévention. "La PrEP devrait pouvoir être une opportunité pour toute personne, à différents moments de sa vie, de prévention contre le VIH aussi fiable et légitime qu’une autre", conclut le Conseil national du sida et des hépatites virales.



