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Psychologie

Anorexie, boulimie… Et si tout ce que vous pensiez savoir sur les TCA était faux ?

À l’occasion de la semaine nationale de sensibilisation aux troubles des conduites alimentaires, on revient sur les idées reçues qui, malgré les faits, persistent, retardent leur reconnaissance et l’entrée dans un parcours de soins.

Anorexie, boulimie… Et si tout ce que vous pensiez savoir sur les TCA était faux ? OcusFocus/iStock




L'ESSENTIEL
  • Près d’un million de personnes sont concernées par les troubles des conduites alimentaires (TCA).
  • Nombreux d’entre eux ne bénéficient pas d’un accompagnement spécialisé, voire d’aucune prise en charge.
  • Plusieurs idées reçues contribuent à retarder le repérage des troubles et l’accès aux soins.

Hyperphagie boulimique, anorexie mentale, boulimie… Les troubles des conduites alimentaires (TCA) touchent près d’un million de personnes. "À la suite de la pandémie de Covid-19, la demande de soins a explosé et se maintient à un niveau élevé", signale la professeure Nathalie Godart, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent, cheffe du pôle hospitalo-universitaire de santé des adolescents de la Fondation Santé des Étudiants de France (FSEF) et présidente d’honneur de la Fédération Française Anorexie Boulimie (FFAB). Parmi les patients, une part importante ne bénéficie pas d’un accompagnement spécialisé, voire d’aucune prise en charge, faute de repérage ou d’accès suffisant à des dispositifs adaptés, d’après la FFAB. Cette errance diagnostique est entretenue par les idées reçues qui finissent également par faire obstacle aux soins. À l’occasion de la semaine nationale de sensibilisation aux troubles des conduites alimentaires, on démêle le vrai du faux.

"Les TCA ne concernent que les adolescentes"

Faux. Même si les jeunes filles sont plus exposées aux troubles des conduites alimentaires, l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique peuvent toucher des personnes de tout âge, de tout genre et de tout milieu social.

"Les troubles alimentaires, ce sont des maladies de fille"

Faux. Bien qu'ils soient souvent moins diagnostiqués, les hommes peuvent être concernés par ces troubles. Selon le CHU de Nancy, une personne sur 10 souffrant d’anorexie mentale est un homme. Côté boulimie, c’est une personne sur 7, et une sur 3 pour l’hyperphagie boulimique.

"Il suffit de manger davantage ou de faire un effort"

Faux. Il s’agit de maladies complexes, avec des dimensions psychologiques, biologiques, sociales et parfois génétiques. Ces troubles ne sont donc pas liés à un manque de volonté.

"Une personne qui souffre de TCA, ça se voit !"

Faux. Une personne peut souffrir d'un trouble des conduites alimentaires quel que soit son poids. Le rapport à la nourriture n'est que le symptôme visible d'une souffrance interne beaucoup plus profonde (manque d'estime de soi, traumatisme, besoin de contrôle, anxiété). Ainsi, l'apparence physique ne permet pas de diagnostiquer un TCA.

"Les réseaux sociaux sont la seule cause des TCA"

Faux. Ils peuvent constituer un facteur de risque ou d'aggravation, mais les TCA sont multifactoriels. Il n'existe jamais une cause unique.

"Les TCA ne sont pas graves"

Faux. L’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique figurent parmi les maladies psychiatriques les plus sévères. Ces troubles peuvent avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales importantes, voire mettre la vie en danger.

"On n'en guérit jamais vraiment"

Faux. La guérison est possible. Elle peut être longue et parfois marquée par des rechutes. C’est pourquoi une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire afin de retrouver un rapport serein à la nourriture et à son corps.

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