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6 femmes sur 10

Cancer du sein : la reconstruction mammaire séduit les Américaines

Par Audrey Vaugrente

63% des Américaines ont bénéficié d'une reconstruction mammaire suite à une mastectomie. En France, les femmes atteintes d'un cancer du sein sont bien nombreuses à opter pour la reconstruction.

DURAND FLORENCE/SIPA
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La reconstruction mammaire avec implant progresse aux Etats-Unis. Une étude, parue dans le Journal of Clinical Oncology ce 18 février, observe une part croissante d’opérations reconstructrices après une mastectomie depuis 1998. Mais une patiente sur trois ne peut toujours pas avoir recours à une telle procédure après une opération en prévention ou après un cancer du sein. Cela reste bien plus qu'en France où, selon l'Observatoire des reconstructions mammaires (1), 26% des femmes ayant subi une mastectomie en 2005 ont opté pour la reconstruction.

 

Souvent après une double mastectomie

Les opérations de reconstruction mammaire après une mastectomie, unilatérale ou bilatérale, concernent 63% des patientes en 2007. Un réel progrès quand on sait qu’en 1998, elles étaient moins de la moitié à bénéficier d’un tel traitement. Mais ces chiffres, tirés du suivi de plus de 20 500 femmes, cachent une réalité plus contrastée : toutes les patients qui se font retirer un sein – en prévention ou après un cancer du sein – ne réagissent pas de la même façon. Les femmes qui subissent une ablation des deux seins sont les plus nombreuses à opter pour la chirurgie reconstructrice. Celles qui subissent une ablation des ganglions lymphatiques, une chimiothérapie ou une radiothérapie, en revanche, ont moins recours à cette solution. C’est aussi le cas des femmes plus âgées.

 

Recul des reconstructions par lambeau

Comment expliquer cette hausse des implants ? La principale raison se trouve dans le recul des reconstructions par lambeau – qui consiste à prélever des tissus et du gras sur le corps de la patiente pour reconstruire le sein. Elles sont passées de 56% à 25% en 10 ans. Les femmes qui ont subi une double mastectomie, préventive ou curative, sont presque dix fois plus nombreuses qu’en 1998, et la majorité d’entre elles (76%) a demandé une reconstruction par implant.

 

Parmi les femmes suivies, 6 sur 10 bénéficiaient d’une couverture santé grâce à leur emploi. Mais seules 56% d’entre elles ont demandé une reconstruction mammaire. « La plupart des patientes assurées et actives qui subissent une mastectomie, et la large majorité des patientes qui subissent une double mastectomie bénéficient maintenant d’une reconstruction », affirme le Dr Reshma Jagsi, de l’université du Michigan. Mais trop de femmes n’ont pas encore accès à la chirurgie reconstructrice, souvent pour des raisons financières. C'est aussi le cas en France : l'Assurance Maladie prend certes en charge à 100% les frais de reconstruction mammaire... mais le tarif de base étant bien souvent dépassé, le reste à charge du patient freine de nombreuses patientes. Mais, à partir du 10 mars, la reconstruction mammaire sera mieux prise en charge par la sécurité sociale : la reconstruction DIEP, qui consiste à utiliser un lambeau de peau, de graisse et les propres vaisseaux sanguins de la patiente, ainsi que la symétrisation des deux seins seront remboursées.


 

 

(1) Observatoire de la reconstruction mammaire : évaluation de la reconstruction mammaire en France par la Société française de Sénologie et de Pathologie mammaire (SFSPM) et l'Institut National du Cancer (INCa).