- L'étude montre une association entre les antécédents d'exposition aux œstrogènes et une meilleure fonction cognitive chez les femmes âgées.
- C'est-à-dire que plus leur période de fécondité a été longue, plus leur risque de déclin cognitif est faible.
- Par contre, l'instauration d'un traitement hormonal après la ménopause n'a montré aucun bénéfice cognitif.
Les scientifiques ont remarqué que le déclin cognitif a tendance à être plus rapide chez les femmes. Il a été supposé que les hormones sexuelles pourraient jouer un rôle… mais jusqu’à présent, les recherches menées ont donné à des résultats divergents. Une équipe s’est donc à nouveau penchée sur la question. En interviewant plus de 14.000 femmes sur plus de 30 ans, les scientifiques ont remarqué que la période de fécondité – c’est-à-dire l’intervalle entre l’âge des premières règles et celui de la ménopause – est associée à la santé cognitive.
Œstrogène et cognition : les œstrogènes jouent un rôle
Pour cette étude parue dans la revue Menopause, les chercheurs ont repris les dossiers de 14.217 femmes suivies pendant 30 ans afin d'évaluer la durée de leur période reproductive. Leur capacité cognitive avait également été évaluée via 4 entretiens téléphoniques menés entre 1995 et 2008.
L’analyse des données a montré qu’une période de fécondité plus longue – ce qui entraîne une exposition plus importante aux œstrogènes - est associée à un ralentissement du déclin cognitif. Ces femmes présentaient, en effet, de meilleures fonctions cognitives en vieillissant.
Toutefois, ce lien n’est vérifié qu’avec les hormones naturelles. L’étude a en effet révélé que la prise d’un traitement hormonal dans les 10 ans suivant la ménopause n’apportait aucun bénéfice cognitif.
Ménopause : l’hormonothérapie ne protège pas du déclin cognitif
"Cette vaste étude observationnelle a mis en évidence une association entre une durée de fécondité plus longue et de meilleures performances cognitives. Cependant, une durée plus longue d'hormonothérapie, que ce soit pendant ou après les dix années suivant la ménopause, n'était pas associée à de meilleures performances cognitives globales", confirme la Dr Stéphanie Faubion, directrice médicale de la Société de la ménopause dans un communiqué.
La scientifique ajoute ensuite : "bien que les résultats de cette étude rigoureuse puissent encore être affectés par des facteurs de confusion résiduels, ils confortent les recommandations actuelles qui déconseillent l'utilisation de l'hormonothérapie pour la prévention de la démence."



