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Sommeil

Des nuits trop courtes pourraient alimenter le cancer

Le manque chronique de sommeil perturbe les bactéries du microbiote intestinal, affaiblit la réponse immunitaire et réduit l’efficacité des traitements anticancéreux, révèlent des chercheurs.

Des nuits trop courtes pourraient alimenter le cancer Visions / istock




L'ESSENTIEL
  • Le manque de sommeil modifie le microbiote intestinal.
  • Ces changements favorisent la progression du cancer.
  • Ils réduisent aussi l’efficacité des traitements.

La privation de sommeil ne se contente pas d’épuiser le corps, d’abîmer la peau ou d’affecter l’humeur : il pourrait aussi aggraver le cancer. Aux Etats-Unis, des chercheurs du UF Health Cancer Institute révèlent en effet que le manque chronique de sommeil modifie le microbiote intestinal, ce qui aurait des effets en cascade sur l’immunité, la progression des tumeurs et l’efficacité des traitements anti-cancer. Leurs travaux doivent être présentés le 20 avril lors du congrès de l’American Association for Cancer Research.

Des effets directs sur les tumeurs et les traitements

"La privation de sommeil est très fréquente chez les patients atteints de cancer, mais ses effets sont souvent négligés", rappellent les auteurs dans un communiqué. L’équipe a donc voulu comprendre si mal dormir pouvait perturber le microbiote intestinal – cet écosystème de milliards de micro-organismes essentiels à l’équilibre immunitaire – au point d’influencer le cancer.

En laboratoire, les scientifiques ont transplanté le microbiote de souris privées de sommeil à des souris saines, et attendu de voir les effets. Verdict : une croissance tumorale accrue, une réponse immunitaire affaiblie et une efficacité réduite de la chimiothérapie, notamment du 5-FU (5-Fluorouracile) utilisé contre le cancer colorectal. Les souris greffées d’un microbiote fatigué présentaient également des perturbations des gènes liés au rythme circadien, cette horloge biologique qui régule nos cycles de veille-sommeil.

"Le manque de sommeil modifie la composition du microbiote et probablement le comportement des bactéries. Or, tous ces changements ont des effets fonctionnels sur la progression du cancer et les thérapies", selon les chercheurs. Ils évoquent notamment une altération des métabolites produits par ces bactéries, capables d’influencer directement les cellules immunitaires.

Un microbiote modifiable par le mode de vie

Ces résultats devront encore être confirmés chez l’être humain. Mais à l’heure où les troubles du sommeil touchent un Français sur trois selon l’Inserm, ils suggèrent que mieux dormir pourrait indirectement améliorer la réponse aux traitements contre le cancer, entre autres bénéfices. "Nous devons considérer le patient dans sa globalité", insiste l’équipe. La bonne nouvelle, c’est que notre microbiote est modifiable par le mode de vie. Mais "nous devons en prendre soin : bien dormir, bien manger", bouger, éviter le stress...

A terme, les chercheurs envisagent des thérapies ciblant directement le microbiote, comme la restauration de "bonnes bactéries" pour rétablir l’équilibre, ou l’identification de molécules capables d’améliorer la réponse aux traitements.

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