- Une étude montre que du gluten peut être transféré via la salive lors d’un baiser.
- Cependant, les quantités sont généralement très faibles, souvent en dessous du seuil considéré comme sûr pour les produits "sans gluten".
- Boire 120 ml d'eau avant de s'embrasser réduit encore davantage le risque de transfert.
Chez les personnes atteintes d’intolérance au gluten, aussi appelée maladie cœliaque, leur système immunitaire réagit à la présence de la gliadine (protéine du gluten présent dans les différentes espèces de blé, l’orge, le seigle…) en produisant divers auto-anticorps. Cette réaction auto-immune anormale peut se traduire par des symptômes digestifs (constipation, douleurs abdominales, ballonnements, crampes…), mais également par une fatigue prolongée, des aphtes ou encore une dermatite herpétiforme (cloques rouges, démangeaisons, gonflements).
Même sans manifestations immédiates, l’absorption de gluten peut entraîner une inflammation et des lésions de la paroi intérieure de l'intestin, en particulier une atrophie des villosités de la muqueuse intestinale. Cela entraîne une digestion altérée et une moins bonne assimilation des nutriments, des minéraux et des vitamines. Ainsi, il est nécessaire d’adopter à vie un régime sans gluten strict.
Maladie cœliaque : 10 couples se sont embrassés après une exposition au gluten
"De précédentes recherches ont montré que la peur d’une exposition accidentelle peut entraîner de l’anxiété, une hypervigilance et un isolement social, notamment dans le contexte des rencontres et des relations amoureuses. Plus précisément, elles ont fait état de l'inquiétude des patients atteints de la maladie cœliaque concernant le transfert de gluten par les baisers. Ce sujet est fréquemment abordé en consultation et fait l'objet de nombreuses discussions sur les réseaux sociaux. Cependant, les données étayant cette préoccupation font défaut", ont indiqué des scientifiques de l’université Colombia à New York (États-Unis).
Dans une récente étude, ils ont donc voulu évaluer la transmission du gluten par les baisers chez 10 couples. Pour les travaux, le partenaire ne souffrant pas de la maladie cœliaque a consommé 10 crackers contenant 590 mg de gluten. Dans un premier scénario, les partenaires ont attendu cinq minutes avant de s'embrasser. Dans le second, réalisé un autre jour, le partenaire non-intolérant a gluten a bu 120 ml d'eau immédiatement après avoir consommé les crackers, puis a embrassé son partenaire. Par la suite, la salive de la personne touchée par la maladie cœliaque a été prélevée immédiatement après le baiser. La présence de gluten dans la salive a été évaluée par la méthode de dosage immuno-enzymatique et dans l'urine.
Gluten : pas de risque accru de transfert significatif lors d'un baiser
Selon les résultats, publiés dans la revue Gastroenterology, le gluten a été détecté dans la salive du partenaire non-atteint de la maladie cœliaque dans tous les protocoles. La quantité détectée dans la salive des participants intolérants au gluten était inférieure à 20 parties par million (ppm) dans 90 % des échantillons, seuil défini comme "sans gluten". Seules 2 des 20 expositions au gluten ont donné des résultats supérieurs à 20 ppm de gluten. "Même dans ces cas, la quantité totale de gluten ingérée était négligeable." Aucun des échantillons de salive n'a présenté une concentration supérieure à 20 ppm lorsque le partenaire en bonne santé a bu 120 ml d'eau après avoir ingéré la dose de gluten. Plus précisément, 60 % des échantillons de salive prélevés après avoir bu de l'eau ne contenaient aucune trace détectable de gluten (moins de 5 ppm).
En clair, si le gluten peut se transmettre par un baiser, la quantité transmise est généralement très faible et peut être réduite à un niveau sans danger par une simple précaution, à savoir boire de l’eau. "Ces données devraient guider notre pratique clinique et être communiqués à nos patients afin de contribuer à alléger le fardeau du régime alimentaire."



