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QUESTION D'ACTU

Entretien avec l'auteur de la première mondiale

Google Glass : une révolution pour la formation des médecins

Un chirurgien français a opéré une patiente avec des Google Glass pour transmettre les images à à 10.000 km, au Japon. Une première mondiale qui ouvre plusieurs pistes aux médecins.

Google Glass : une révolution pour la formation des médecins John Minchillo/AP/SIPA

  • Publié 18.02.2014 à 17h16
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C’était une première mondiale ! Pour la première fois vendredi dernier, un chirurgien français a opéré avec des Google Glass, ces lunettes intelligentes de Google qui disposent d’une connexion internet, d’un micro, d’une caméra haute définition, et même d’un petit écran situé au niveau de l’oeil droit. A l'origine de cet évènement, le Dr Philippe Collin qui opérait ce jour-là au centre hospitalier privé (CHP) Saint-Grégoire (périphérie de Rennes) une dame de 80 ans souffrant d’une rupture ancienne des tendons de l’épaule. Comme la patiente ne pouvait plus lever le bras, l’opération avait pour objectif d’installer une prothèse, afin de soulager la patiente et lui permettre de retrouver l’usage de son bras.
Une opération banale en France puisque cette prothèse est utilisée depuis longtemps dans l'Hexagone. Cependant, cette prothèse vient tout juste d’être homologuée au Japon. Le Dr Philippe Collin s’est donc servi de ses Google Glass pour filmer l’opération, et transmettre en direct les images au Pr Goto, chirurgien au centre hospitalier de Nagoya (Japon), situé à 10 000 km de là. « Au début j'ai cru que c'était un gadget, je n'y ai pas trop cru. Mais quand j'ai vu la qualité des images et surtout le point de vue, avec la possibilité d'être tout le temps connecté, j'ai vraiment été très impressionné », confie le chirurgien contacté par la rédaction de pourquoidocteur.

Que voit-on avec ces Google Glass ?
Dr Philippe Collin
: Les images sont en haute définition, donc c'est une qualité parfaite pour les deux parties. Dans l'écran de la Google Glass, on a aussi un retour de ce qu'on filme. Résultat, si l'on s'y prend mal lors de l'opération, on peut immédiatement se corriger. Pour les médecins japonais qui ont assisté à l'opération, malgré la distance, c'était comme s'ils étaient à la place de mes yeux. Vraiment "bluffant" d'après eux. A la fin de l'opération, mes confrères de Nagoya ne m'ont posé qu'une seule question. Quand-est-ce qu'on recommence ?


Qu'est-ce qu'apportent réellement les Google Glass ?
Dr Philippe Collin : Ici, l'idée, c'est que si l'on veut former un chirurgien à l'autre bout du monde, c'est extrêmement simple grâce aux Google Glass. Le but est de partager des techniques de chirurgie entre médecins. C'est un nouveau mode "révolutionnaire" d'enseignement à distance. De plus, cette technologie peut aussi servir d'outil d'assistance lors d'une opération. Par exemple, on peut envisager le scénario où un chirurgien plus débutant a des lunettes, et un chirurgien senior pourra l'aider à distance pendant sa chirugie. C'est d'ailleurs la prochaine étape.


La technologie peut-elle servir à tous les types d'opérations ?
Dr Philippe Collin : Bien sur ! Et on va bientôt reproduire l'expérience avec d'autres spécialités. C'est prévu pour une chirurgie du genoux, de la hanche, et du pied. Puis, mes collègues anesthésistes du CHP Saint-Grégoire vont faire une expérience avec de l'hypnose en direct. Le but, c'est de mettre des bandes de données sur notre site Internet pour que les gens, et les professionnels, puissent voir ce que l'on fait grâce aux Google Glass.


Les Google Glass ont-elles aussi des vertus économiques ?
Dr Philippe Collin : Un système de caméras est extrêmement cher. L'investissement est parfois de l'ordre de 50 000 euros. Et en plus, ça prend 4 mètres carrés d'espace. Avec une Google Glass, le coût est largement inférieur. Après développement, nous pensons qu'il faudra compter une facture de l'ordre de 3000 à 5000 euros.







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