- La solitude favorise les pensées suicidaires.
- Elle amplifie les effets de l’anxiété et de la dépression.
- Renforcer les liens sociaux pourrait aider à prévenir le suicide.
"32 % des Français se trouvent aujourd’hui en situation d’isolement relationnel et 24 % se sentent seuls", selon un récent rapport de la Fondation de France. Une étude de l'Ifop avance même que 44 % d’entre eux disent se sentir régulièrement seuls, et que la moitié reconnaissent en souffrir. Chez certains, cette solitude pourrait aller jusqu’à jouer un rôle clé dans leurs pensées suicidaires : elle agirait comme un intermédiaire entre anxiété, dépression et idées suicidaires, selon une vaste étude américaine. Une découverte détaillée dans la revue JAMA Network Open, qui ouvre de nouvelles pistes pour prévenir le passage à l’acte.
La solitude amplifie l’impact de l’anxiété
L’objectif de la recherche, menée par l’institut Vanderbilt Health et basée sur les données de 633.000 adultes américains, était de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent aux pensées suicidaires. Les chiffres ont confirmé que les symptômes dépressifs sont les plus fortement associés à ces pensées, suivis de l’anxiété puis de la solitude. Mais surprise : la solitude joue un rôle central en servant de "médiateur" entre ces troubles psychiques et les idées suicidaires. Autrement dit, elle vient amplifier l’impact de l’anxiété et de la dépression.
"Nos résultats montrent qu’en traitant la solitude, nous pourrions atténuer certains effets de l’anxiété et de la dépression sur les pensées suicidaires", explique la professeure Katherine Musacchio Schafer, coautrice des travaux, dans un communiqué. En France, la prévalence des pensées suicidaires parmi les 18-79 ans est aujourd’hui estimée à 5,2 %, selon Santé publique France, et en 2023, 8.848 décès par suicide ont été recensés dans le pays. Pourtant, les approches classiques (psychothérapies, thérapies cognitivo-comportementales, traitements médicamenteux...) restent difficiles d’accès pour une partie de la population : services publics défaillants, coût des soins, stigmatisation...
Créer du lien pour prévenir les pensées suicidaires
Dans un tel contexte, agir sur la solitude et l’isolement relationnel pourrait représenter une stratégie accessible et efficace sur le long terme, et qui, en plus, ne nécessite pas forcément une prise en charge médicale lourde. "Les personnes souffrant d’anxiété et de dépression pourraient réduire leur risque suicidaire simplement en passant moins de temps seul", selon Katherine Musacchio Schafer. "Les gens peuvent améliorer leur santé mentale en créant des liens avec ceux qui les entourent", par exemple en renouant avec leur proches, en participant à des activités en groupe, ou encore en s’impliquant davantage dans leur communauté et leur voisinage.



