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Oncologie

Cancer de la gorge lié au HPV : un test sanguin pour mieux cibler le traitement

Un test sanguin pourrait permettre de personnaliser le traitement et la surveillance des personnes atteintes d'un cancer de la gorge associé au papillomavirus humain.

Cancer de la gorge lié au HPV : un test sanguin pour mieux cibler le traitement AndreyPopov/iStock




L'ESSENTIEL
  • La détection d’ADN tumoral du HPV dans le sang apporte une information supplémentaire pour estimer le risque de récidive après opération, en complément des analyses classiques.
  • Un test positif après la chirurgie peut indiquer un risque plus élevé de cancer résiduel, mais un test négatif ne garantit pas l’absence de maladie, car les niveaux de biomarqueurs dépendent aussi de facteurs biologiques.
  • L’analyse du biomarqueur (ADN tumoral du HPV) pourrait permettre d’éviter des traitements inutiles ou trop lourds, qui peuvent entraîner des effets secondaires.

Des chercheurs ont travaillé sur une prise en charge mieux ciblée du cancer de la gorge lorsque la maladie est due au papillomavirus. "Bien que le carcinome épidermoïde oropharyngé associé au papillomavirus humain réponde bien au traitement, la radiothérapie et la chimiothérapie ont un impact sur la qualité de vie des patients. L'amélioration des biomarqueurs pourrait nous permettre de mieux adapter le traitement afin de réduire les effets secondaires inutiles, tout en garantissant aux patients l'accès aux soins dont ils ont besoin", a déclaré Catherine Haring, oto-rhino-laryngologiste spécialisée dans les cancers de la tête et du cou et professeure à l’université d'État de l'Ohio (États-Unis).

Cancer de la gorge lié au HPV : 74 patients ont effectué le test d'ADN tumoral circulant

Dans une nouvelle étude, la chercheuse et son équipe ont ainsi voulu évaluer les variables clinicopathologiques (la corrélation entre les symptômes d’un patient et les lésions ou anomalies observées dans son corps) liée à l’ADN tumoral circulant, un biomarqueur de l’évolution du cancer, avant et après chirurgie afin d’identifier des biomarqueurs. Pour ce faire, ils ont suivi 104 adultes traités pour un cancer de la gorge lié au HPV entre septembre 2021 et avril 2025. La plupart des participants présentaient des tumeurs de stade précoce localisées dans les amygdales. Tous les patients ont subi une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur et un traitement complémentaire (radiothérapie et/ou chimiothérapie) a été recommandé en fonction des facteurs de risque pathologiques. Parmi les volontaires, 74 ont fait l'objet d'évaluations de l’ADN tumoral circulant pré- et postopératoires.

"Un résultat négatif après l'intervention ne signifie pas systématiquement que le patient est hors de danger"

Selon les résultats, publiés dans la revue JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery, les taux préopératoires d’ADN tumoral circulant étaient associés de manière indépendante à la fonction rénale, au stade ganglionnaire, à l'invasion périneurale (des cellules tumorales qui se propagent autour ou le long des nerfs) et à l'extension extraganglionnaire (des cellules cancéreuses ont dépassé les limites d’un ganglion lymphatique). Des taux postopératoires détectables étaient présents chez 20 % des patients et étaient associés à la présence de plus de 4 ganglions lymphatiques positifs.

"L'ADNtc postopératoire reflète à la fois le cancer résiduel et les taux d'ADN tumoral initiaux. Cela signifie que le test doit être interprété dans son contexte. Un résultat positif après l'intervention peut indiquer un risque plus élevé, mais un résultat négatif ne signifie pas systématiquement que le patient est hors de danger. (…) Concrètement, cela signifie que l'analyse sanguine peut apporter un éclairage supplémentaire après l'intervention, aidant les médecins à mieux comprendre le risque du patient lorsqu'elle est combinée à l'examen histopathologique standard", ont expliqué les auteurs.

Dans leurs prochaines recherches, les scientifiques tenteront d’améliorer la sensibilité des tests d'ADN tumoral circulant et d’intégrer des modèles de risque combinant les données des biomarqueurs aux facteurs de risque cliniques et pathologiques traditionnels afin de mieux personnaliser les soins.

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