- Les personnes vivant dans des zones plus densément urbanisées ont un risque réduit d’environ 2,5 % de faire un premier AVC.
- L’association observée persiste après avoir pris en compte des facteurs individuels (âge, sexe, ethnie, maladies comme le diabète ou l’hypertension), ce qui suggère que l’environnement urbain lui-même joue un rôle.
- Les zones plus urbanisées favorisent l’accès "aux soins de santé, aux commerces alimentaires, aux transports en commun et aux infrastructures pour l'activité physique telles que les trottoirs, les pistes cyclables et les parcs."
Le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) peut être influencé par le niveau d'urbanisation d'un quartier, ce qui peut à son tour avoir une incidence sur l'accès à des éléments environnementaux favorables à la santé ou sur l'exposition au bruit et à la pollution atmosphérique. Dans une nouvelle étude, des scientifiques de l’université du Michigan ont ainsi voulu examiner l'intensité de l'urbanisation en tant que facteur susceptible d'influencer le risque d’attaque cérébrale. Pour ce faire, 25.330 personnes, dont la moitié était âgée de 45 à 64 ans, ont été suivies pendant environ 10 ans. Ensuite, l’équipe a utilisé des informations de la base de données satellitaires de l'United States Geological Survey. "Nous avons mesuré l'intensité du développement au fil du temps sur des réseaux routiers de 8 km entourant 34.368 sites résidentiels", a-t-elle précisé.
Une exposition à une intensité de développement plus élevée diminue le risque d'AVC
D’après les données, l'intensité moyenne de développement au départ était de − 2,9. De 2003 à 2017, 1.319 participants (soit 5,2 %) ont subi un AVC. Les résultats, publiés dans la revue Cities & Health, ont montré que les résidents de zones plus urbanisées, caractérisées par une plus grande densité de bâtiments, de trottoirs et d'infrastructures, présentaient un risque d’attaque cérébrale initial inférieur de 2,5 % à celui des résidents de zones moins urbanisées. Les auteurs ont constaté que le lien entre un développement à intensité élevée ou moyenne et un risque réduit d'AVC persistait, même après avoir pris en compte l'âge, l'origine, le sexe et les affections préexistantes telles que le diabète et l'hypertension artérielle.
L’importance de "l'aménagement d'environnements favorisant la santé cardiovasculaire et l'activité physique"
"Un développement à forte intensité se caractérise généralement par une plus grande densité de logements et un plus grand nombre de commerces. Ces zones sont plus susceptibles de présenter des usages avec un accès aux soins de santé, aux commerces alimentaires, aux transports en commun et aux infrastructures pour l'activité physique telles que les trottoirs, les pistes cyclables et les parcs. (…) Pour les médecins, l'étude suggère que les facteurs liés au quartier, en plus des facteurs individuels, peuvent influencer le risque de premier AVC. Pour les urbanistes, les résultats indiquent que l'aménagement d'environnements favorisant la santé cardiovasculaire et l'activité physique pourrait contribuer à réduire le risque de premier AVC", a expliqué Cathy Antonakos, qui a dirigé les travaux.
Étant donné que l’étude n’a pas analysé les caractéristiques environnementales, les chercheurs comptent prochainement identifier les plus fréquentes dans les zones à forte intensité de développement que dans les zones moins développées.



