- La façon dont un nouveau père se comporte avec son bébé peut changer la dynamique familiale. Ce qui peut affecter le cœur et la santé métabolique de l'enfant des années plus tard.
- Les bébés dont le père était peu chaleureux et peu attentif, avaient plus de risques d'avoir des niveaux élevés d'HbA1c et de CRP à l'âge de sept ans.
- Ce même lien n'était pas observé avec les mères.
Alors que le congé de naissance donnant à chaque parent deux mois supplémentaires a été repoussé en juillet 2026, des chercheurs démontrent que le père ne tient pas un rôle secondaire dans la vie de son bébé.
Cette étude de l’université de Pennsylvanie révèle que l’implication du père dès les premiers mois de vie de l’enfant impacte sa santé cardiaque et métabolique des années plus tard.
Avoir un papa chaleureux serait un gage de bonne santé cardiaque future
Les chercheurs ont constaté que les pères qui étaient chaleureux et qui soutenaient leur développement de leur bébé à l'âge de 10 mois avaient une coparentalité plus positive avec la mère lorsqu’’il avait deux ans. De plus, le petit affiche une meilleure santé cardiaque et métabolique en grandissant.
Les chercheurs ont fait cette découverte en rendant visite à 399 familles ayant accueilli leur premier enfant, alors que ce dernier avait 10 et 24 mois. Ils filmaient les parents jouant avec le nourrisson pendant 18 min. Les images étaient ensuite analysées par les scientifiques. Ils notaient entre autres les comportements parentaux individuels, les comportements de coparentalité et la nature des échanges (chaleureux, pertinence et rapidité des réponses…). Des prises de sang – mesurant le taux de cholestérol, la glycémie, l’inflammation et la protéine C-réactive (CRP) – ont été réalisées lorsque les enfants avaient sept ans.
Résultat : les pères qui se montraient moins attentifs à leur bébé de 10 mois étaient plus susceptibles de rivaliser avec la mère pour obtenir son attention et/ou de se désengager des jeux familiaux lorsque l'enfant avait 24 mois. De plus, la progéniture de ces papas compétitifs et/ou distants présentait des taux d'HbA1c et de CRP plus élevés à l'âge de sept ans, établissant ainsi un lien entre l'engagement paternel à 10 mois et la santé de l'enfant plus de six ans plus tard.
"Il n’est pas surprenant d’apprendre que traiter ses enfants avec respect et affection est bénéfique pour eux", explique Hannah Schreier, auteure de l’étude publiée dans Health Psychology. "En revanche, il est peut-être plus étonnant de constater que le comportement d’un père avant que l’enfant ne soit en âge de se forger des souvenirs permanents peut avoir une incidence sur sa santé lorsqu’il est en primaire."
Pourquoi ce lien n’est pas observé avec les mamans ?
Ce lien entre une attitude chaleureuse avec le bébé et sa bonne santé cardiaque future n’était pas observé chez les mères. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que les mères n'ont pas d'importance, précisent les chercheurs dans leur communiqué.
"Chaque membre de la famille compte énormément", explique Alp Aytuglu, auteur de l’étude. "Les mères sont souvent les principales responsables des soins aux enfants, et les enfants connaissent les croissances et les développements les plus importants. En résumé, dans les familles où le père est présent, ce dernier influence l’environnement de manière à favoriser – ou à nuire à – la santé de l’enfant pour les années à venir."
Sa collègue Jennifer Graham-Engeland avance plusieurs hypothèses pour expliquer l’absence de lien avec la coparentalité maternelle. "Une théorie évoquée dans la littérature scientifique fait référence au rôle du père au sein de la famille, qui peut se manifester de différentes manières. Dans les familles biparentales comme celles de cette étude, la mère est généralement la principale personne s’occupant des enfants. Il est donc possible que, quel que soit son comportement, il tende à représenter la norme familiale, tandis que le rôle du père tend à renforcer ou à perturber cette norme. Il est également probable que les mères influencent la santé des enfants par d’autres moyens que ceux spécifiquement examinés dans cette étude."
"Ce que j'espère que les gens tireront de cette recherche, c'est que les pères, aux côtés des mères, ont un impact profond sur la fonction familiale qui peut se répercuter sur la santé de l'enfant des années plus tard, conclut Alp Aytuglu. En tant que société, soutenir les pères - et tous les membres du foyer d'un enfant - est une partie importante de la promotion de la santé des enfants.


