• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Santé mentale

Dépression résistante : un implant aiderait à soulager les symptômes

Des chercheurs ont mis au point un implant qui parvient à réduire les symptômes de la dépression résistante en stimulant le nerf vague.

Dépression résistante : un implant aiderait à soulager les symptômes Ake Ngiamsanguan/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont mis au point un implant qui stimule le nerf vague. Il est placé sous la peau au niveau du thorax.
  • L'appareil réduit les symptômes dépressifs et améliore la qualité de vie des personnes atteintes de dépression résistante.
  • Un patient sur cinq ne présentait plus aucun symptôme dépressif au bout de deux ans.

En France, une personne sur cinq connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie. Et les traitements classiques resteront inefficaces pour 15 à 30 % d’entre elles. Mais ces patients souffrant de dépression résistante pourraient bientôt se voir proposer une nouvelle solution : un implant qui stimule le nerf vague.

L’outil, développé par l’école de médecine de l’université de Washington, a été présenté dans la revue médicale Journal of Neuropsychopharmacology, le 13 janvier 2025.

L’implant stimule le nerf vague pour réduire les symptômes de dépression

L’implant est posé sous la peau au niveau du thorax. Il envoie des impulsions électriques vers le nerf vague gauche, principal vecteur de communication entre le cerveau et les organes internes et connu pour jouer un rôle dans certaines dépressions. De nombreux travaux avaient déjà démontré que sa stimulation pouvait être une option thérapeutique pour les dépressions sévères. 

Pour tester cet appareil, les chercheurs ont réuni 500 patients répartis sur 84 sites aux États-Unis atteints de dépression résistante. En moyenne, ils souffraient de ce trouble depuis 29 ans et avaient testé 13 traitements sans succès. Les trois quarts des participants étaient si gravement malades qu'ils étaient incapables de travailler. Le dispositif de stimulation a été implanté chez chacun d’entre eux. Toutefois, afin d’avoir un groupe contrôle, seulement la moitié des appareils étaient activés. 

L’équipe a ensuite évalué la gravité des symptômes dépressifs, la qualité de vie et les capacités fonctionnelles des volontaires. "Les bénéfices sur les symptômes dépressifs étaient considérés comme significatifs si un patient constatait une réduction d'au moins 30 % de ses symptômes par rapport à son état initial, et « substantiels » si les symptômes diminuaient d'au moins la moitié", expliquent les auteurs dans leur communiqué.

Les résultats au cours de la première année montrent que les patients avec le dispositif actif avaient plus de périodes où les symptômes dépressifs étaient moindres et la qualité de vie ainsi que les capacités fonctionnelles étaient meilleures par rapport à ceux dont l’implant n’avait pas été mis en marche. 

Par contre, les chercheurs précisent que les scores de l'échelle de la dépression de Montgomery-Åsberg, qui mesure la gravité des épisodes dépressifs, ne montraient pas de différence significative entre les deux groupes.

Un patient sur cinq ne présentait plus aucun symptôme dépressif au bout de deux ans

Dans un second volet de l’expérience, l’équipe a examiné uniquement les personnes ayant un implant actif une année supplémentaire pour voir l’évolution des résultats au bout de 24 mois. Sur 214 malades ayant le traitement actif depuis le début de l'essai, 147 (69 %) affichaient une réponse significative à 12 mois pour au moins un des éléments mesurés. Parmi eux, plus de 80 % ont présenté un maintien ou une amélioration des bénéfices à 24 mois sur les mesures de la dépression, de la qualité de vie et des capacités fonctionnelles. "Et parmi les patients qui ont eu une réponse substantielle à un an – définie comme une réduction de 50 % ou plus des symptômes – 92 % bénéficiaient généralement encore d'une amélioration à deux ans, dans toutes les mesures". De plus, les taux de rechutes étaient faibles. Autre chiffre encourageant : plus de 20 % des participants traités étaient en rémission après 24 mois. Ce qui signifie que leurs symptômes s'étaient améliorés au point qu'ils pouvaient "fonctionner" normalement dans la vie quotidienne. 

Un temps d'action variable selon les patients

Par ailleurs, près d'un tiers des participants qui n'avaient pas répondu au traitement au cours de la première année ont rapporté des bénéfices à la fin de la deuxième. Ce qui suggère pour les chercheurs que le traitement pourrait mettre plus de temps à agir chez certaines personnes.

"Nous avons été stupéfaits de constater qu'un patient sur cinq ne présentait plus aucun symptôme dépressif au bout de deux ans", reconnaît le Dr Charles Conway, auteur principal de l'étude. "De tels résultats pour cette maladie complexe me rendent optimiste quant à l'avenir de ce traitement. Ces résultats sont tout à fait exceptionnels, car la plupart des études sur la dépression résistante au traitement montrent une très faible durabilité des bénéfices, et certainement pas après deux ans. Nous constatons que les patients vont mieux et que leur état se maintient."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES