- Le TDAH est associé à des comportements sexuels à risque chez les étudiants, selon une étude de l’Inserm.
- Parmi les pratiques à risque : début de vie sexuelle plus précoce, usage irrégulier du préservatif, plus grand nombre de partenaires, plus d’IST...
- Les chercheurs insistent sur l’urgence de dépister ce trouble pour mieux prévenir.
Premier rapport sexuel très précoce, oubli du préservatif, IST, IVG... Dans certains cas, ces comportements pourraient bien être liés à un trouble du neurodéveloppement qui s’ignore. C’est la conclusion d’une nouvelle étude menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Université de Bordeaux, qui met en lumière un lien entre TDAH et comportements sexuels à risque chez les étudiants.
Des comportements sexuels plus risqués
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui peut nuire à la vie sociale, scolaire ou affective. Inattention, impulsivité, agitation... Autant de symptômes qui, s’ils ne sont pas détectés et pris en charge, peuvent entraîner des prises de risque répétées. Or, selon les chercheurs de l’Inserm, du CHU Charles Perrens et de l’Université de Bordeaux, ce lien reste encore peu exploré dans la population étudiante. Leur étude, publiée dans la revue BMJ Mental Health, s'appuie sur les données de la cohorte française i-Share, l’une des plus vastes enquêtes épidémiologiques menées auprès d’étudiants.
Près de 13.000 étudiants, âgés de 20 ans en moyenne, ont répondu à un questionnaire permettant d’évaluer les symptômes du TDAH et leurs pratiques sexuelles. Les résultats sont parlants : les 5,3 % d’étudiants présentant un score élevé de TDAH rapportaient un début de vie sexuelle plus précoce (avant 15 ans), un usage irrégulier du préservatif, un plus grand nombre de partenaires, et davantage d’infections sexuellement transmissibles (IST). Chez les femmes, s’ajoutent l’absence de contraception, le recours à la contraception d’urgence (la "pilule du lendemain") et l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Des chiffres qui rappellent l’urgence d’une meilleure prise en charge.
Vers une prévention plus ciblée
"Ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle", souligne Cédric Galera, chercheur à l’Inserm et professeur de pédopsychiatrie. Il insiste également sur le besoin de "sensibiliser les professionnels de santé (infirmiers/infirmières, sage-femmes, gynécologues) à la présence possible d’un TDAH non diagnostiqué chez les jeunes adultes consultant pour des grossesses non désirées ou des IST". Une meilleure reconnaissance de ce trouble pourrait, selon l’expert, permettre d’adapter les campagnes d’information, le repérage et l’accompagnement des étudiants au sein des universités, mais aussi dans les consultations gynécologiques ou de médecine générale. Pour rappel, le TDAH concerne en France 5,9 % des moins de 18 ans et 2,8 % des adultes, d’après l’Inserm.



