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QUESTION D'ACTU

Etude à l’AP-HP

Perte de poids : le coaching par internet évalué à l'hôpital

Tendance marketing ou vrai outil de prévention et de prise en charge ? Des chercheurs français évaluent pour la 1re fois une méthode de e-coaching nutritionnel chez les diabétiques.

Perte de poids : le coaching par internet évalué à l'hôpital WIDMANN/TPH/SIPA

  • Publié 27.01.2014 à 07h00
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Perdez 5 kilos par semaine ! Résultats visibles en 24h ! Les sites de coaching minceur ne lésinent pas sur les arguments marketing pour convaincre les internautes de se payer leurs services. Mais quelle est l’efficacité réelle de l’accompagnement par Internet pour aider à perdre du poids ? L’équipe du service de diabétologie-nutrition de l’hôpital Bichat à Paris va lancer pour la 1re fois une étude pour évaluer l’efficacité d’un programme de e-coaching nutritionnel pour les diabétiques en surpoids.

 

Répartis par tirage au sort, 120 volontaires, hommes et femmes de 18 à 70 ans, souffrant de diabète de type 2 et présentant un excès de poids notamment abdominal vont suivre pendant 4 mois soit le programme Anode pour Accompagnement nutritionnel de l’obésité et du diabète par e-coaching, soit le suivi classique en face à face avec l’équipe médicale.

 

Ecoutez le Dr Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris : « Nous voulons savoir si le programme Anode améliore les habitudes nutritionnelles et les aptitudes physiques, s’il permet de faire perdre du poids et de définir les facteurs prédictifs d’une bonne adhésion au suivi »  

 

Le e-coaching Anode se veut le plus proche possible des consultations classiques de nutrition. « L’internaute remplit d’abord une enquête détaillée pour que ses habitudes alimentaires aussi bien qualitatives que quantitatives puissent être analysées. Le programme lui donne alors des recommandations ciblées en fonction de ce qu’il a déclaré », explique Boris Hansel, le coordonnateur de cette étude financée par l’Assistance Publique-Hopitaux de Paris.


Le e-coaching respecte les recommandations du PNNS
L’outil informatique génère aussi des menus équilibrés que l’internaute peut paramétrer pour supprimer un aliment qu’il n’aime pas ou fixer ponctuellement un aliment qu’il tient à manger ce jour-là et qui nécessitera de répartir différemment les apports nutritionnels. Les listes de courses correspondant aux menus sont également directement accessibles. Et enfin, un programme personnalisé d’activité physique est proposé à l’internaute, adapté en fonction de son état de santé initial et de ses goûts.


« L’idée, c’est vraiment que les prescriptions envoyées par l’ordinateur correspondent à ce que le nutritionniste, la diététicienne ou le coach sportif du service aurait dit au patient s’il avait été en face de lui », souligne le Dr Hansel. Autrement dit, à la différence des sites minceur commerciaux, Anode respecte à la lettre les recommandations nutritionnelles du Programme national nutrition et santé et les objectifs de l’Organisation mondiale de la santé en matière d’activité physique.

 

Ecoutez le Dr Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris : « La différence entre les sites commerciaux et les sites médicaux se voient dès la page d’accueil. Si on vous demande combien de kilos vous voulez perdre et qu’on vous promet une méthode miracle pour perdre plus de 10% de votre poids actuel, c’est du marketing, c’est tout ! »  

 

Profil-type du coaché : homme, retraité, diabétique ou hypertendu

 

L’équipe de Diabétologie-Nutrition de l’hôpital Bichat teste déjà le e-coaching Anode depuis 1 an auprès de ses patients, ce qui permet de définir un premier portrait-robot de ceux chez qui le programme se révèle le plus efficace. « Le 1er critère c’est la nature de leur motivation. Les personnes qui veulent modifier leur alimentation pour une raison de santé, un diabète, une hypertension ou un excès de cholestérol sont beaucoup plus assidues et obtiennent plus de résultats que celles qui ont juste un désir de perte de poids rapide pour des raisons psychologiques, esthétiques, sociales… ». Sans pouvoir vraiment se l’expliquer, l’équipe de Bichat a également observé un peu plus d’adhésion au e-coaching chez les hommes que chez les femmes. Le e-coaching atteint également ses limites lorsque les patients souffrent d’obésité très sévère, avec un indice de masse corporelle supérieure à 35.

 

 

Ecoutez le Dr Boris Hansel : « L’âge optimal se situe vers 60 ans. Ça casse l’image des retraités peu agiles avec Internet, non seulement ces personnes ont plus de temps mais elles sont aussi plus mûres face à toutes les offres de coaching commerciales »  

 


Les médecins de plus en plus convaincus que ce n'est pas un gadget

Ce profil issu de la phase de test du programme Anode devrait être affiné grâce à l’étude lancée très prochainement. Pour le Dr Hansel, la démonstration d’efficacité est cruciale : « Le monde médical est de plus en plus convaincu de l’intérêt d’utiliser les outils connectés. Mais il faut davantage de littérature scientifique pour justifier que ce n’est pas gadget mais réellement efficace et utile ». Les études commencent à le montrer, notamment une étude américaine, publiée fin 2011 dans une revue de référence, le New England Journal of Medicine. Les auteurs apportaient la preuve avec un recul de 2 ans qu’un outil de e-coaching doublé de relances téléphoniques est aussi efficace qu’un suivi dans un service de nutrition pour faire perdre du poids à des personnes obèses ayant au moins un facteur de risque cardiovasculaire.

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