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La Santé en Questions

La prise en charge de l'autisme, un enjeu de société

Par Th. B.

En 2012, le président de la République, François Hollande, déclarait l'autisme "grande cause nationale". Douze ans plus tard, de nombreux points d’ombre sont encore à résoudre. Dans "La Santé en Questions", le point sur ce dossier avec le Professeur Catherine Barthélémy, présidente de l'Académie de Médecine, à l'origine de grandes évolutions dans la prise en charge de ce trouble.

iStock/dragana991

La Pr Catherine Barthélémy est une personnalité qui bouleverse les habitudes et les certitudes. Les habitudes parce qu'elle est depuis le début de cette année la nouvelle présidente de l’Académie de Médecine, une institution prestigieuse qui aura attendu plus de 200 ans pour placer une femme à sa tête.

Et les certitudes parce que, dans sa spécialité de pédopsychiatre, elle a brisé, il y a maintenant près de 40 ans, un tabou sur un trouble qui toucherait 700 000 personnes en France, l’autisme.

Les origine neurologiques de l'autisme

Elle a été la première, c’était en 1985 lors d’un congrès à Tours, à développer la théorie de ses origines neurologiques en affrontant ses confrères formés à la psychanalyse et bloqués sur l’idée que ce trouble était déclenché par un problème affectif avec la mère. Autant dire que si ces derniers l'ont huée, des milliers de mamans en revanche, culpabilisées pendant des années, peuvent lui adresser un immense merci !

Un tournant dans la recherche sur l'autisme

Ce tournant essentiel dans la recherche sur l’autisme et dans sa prise en charge justifierait à lui seul son élection à la présidence de l’Académie de Médecine. C’est en effet grâce à ses travaux que l’on sait aujourd’hui qu’un enfant autiste dépisté précocement peut voir sa vie changer s’il bénéficie d’un traitement adapté, c’est parce qu'elle a su associer les familles de ces enfants à ses recherches qu'elle est parvenue à explorer de nouvelles pistes inédites et a cassé l’image de maladie honteuse parfois posée sur ce trouble.

Il reste encore beaucoup à découvrir sur l’autisme qui se manifeste de multiples manières. Mais ses responsabilités à la tête de l’Académie de médecine ne peuvent que renforcer les espoirs. Son engagement, elle l’a réaffirmé il y a quelques années lors de la remise d’un Prix d’Honneur que l’INSERM venait de lui attribuer, et il est très clair : « Je suis médecin, je veux guérir, aider les gens ».