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Dépistage

Cancer de la tête et du cou : un test urinaire bientôt disponible ?

Par Stanislas Deve

Des chercheurs ont développé un test d’urine détectant les fragments d’ADN de cancer de la tête et du cou, ouvrant la voie à un dépistage précoce.

Vonschonertagen / istock
Des scientifiques ont mis au point un test urinaire capable de détecter l’ADN des tumeurs de la tête et du cou. Une alternative non invasive aux prélèvements sanguins, qui pourrait faciliter le dépistage précoce de ce type de cancers.
Contrairement aux tests conventionnels, le nouveau test parvient à détecter les fragments ultra-courts d’ADN libérés par les cellules tumorales, qui passent de la circulation sanguine à l’urine par les reins.
La nouvelle méthode pourrait permettre de concevoir d’autres tests basés sur l’urine qui identifient précocement d’autres cancers, comme celui du sein et la leucémie myéloïde aiguë.

"Beaucoup de gens ne savent pas que l'urine transporte des informations sur de nombreux types de cancers différents." Des scientifiques du Rogel Cancer Center de l’Université de Michigan, aux Etats-Unis, ont mis au point un test urinaire capable de détecter l’ADN des tumeurs cancéreuses de la tête et du cou, ou ORL. Une alternative non invasive aux prélèvements sanguins, qui pourrait faciliter le dépistage précoce de ce type de cancers, et peut-être d’autres. Leurs travaux ont été publiés dans la revue JCI Insight.

Un test urinaire susceptible de mieux dépister le cancer de la tête et du cou

En utilisant le séquençage du génome complet, les chercheurs ont montré que les fragments d’ADN libérés par les cellules tumorales, qui passent de la circulation sanguine à l’urine par les reins, sont "principalement ultra-courts, avec moins de 50 paires de bases", peut-on lire dans un communiqué. Or, compte tenu de leur petite taille, ces fragments trouvés dans l’urine sont "susceptibles d'être manqués" par les tests conventionnels de biopsie liquide (sang, urine...) visant à détecter l’ADN tumoral circulant (ADNct). Et pour cause, ces examens sont conçus pour "cibler des fragments d’ADN plus longs".

L’équipe de scientifiques a utilisé une "approche non conventionnelle" pour développer un test urinaire, toujours en phase d’essai, susceptible de mieux dépister le cancer de la tête et du cou lié aux infections au papillomavirus humain (HPV), responsable de nombreux cancers. En analysant en laboratoire les échantillons d’urines envoyés par des patients volontaires, le nouvel examen a permis de "détecter des récidives du cancer beaucoup plus tôt que ce qui se produirait généralement sur la base de l'imagerie clinique".

D’autres tests basés sur l’urine pour détecter d’autres types de cancers ?

Si l’étude s’est concentrée sur le cancer de la tête et du cou, les auteurs affirment que leur méthode innovante pourrait permettre de concevoir d’autres tests basés sur l’urine qui identifient précocement d’autres cancers, et augmentent ainsi les chances de guérison. Par exemple, un examen qui détecte l’ADN tumoral circulant dans l’urine des patientes atteintes d’un cancer du sein et d’autres atteints de leucémie myéloïde aiguë.

"Beaucoup de gens ne savent pas que l'urine transporte des informations sur de nombreux types de cancer différents, bien qu'elle soit fabriquée dans les reins, expliquent les chercheurs. En outre, ces nouveaux tests sont susceptibles d'avoir une conformité beaucoup plus élevée chez les patients nécessitant un suivi après le traitement, en raison de la commodité de l'auto-prélèvement des échantillons d’urine par rapport aux analyses sanguines."