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Pré-BPCO : quels sont les signes d'alerte de cette maladie pulmonaire ?

Par Mathilde Debry

Afin d'améliorer la pose des diagnostics, les pneumologues attirent l'attention sur la notion de pré-BPCO. 

Liubomyr Vorona / istock.
En France, la BPCO touche 10 % des 40-64 ans et génère plus de 18.000 décès par an. 
"La pré-BPCO s’applique aux patients symptomatiques et sans anomalie respiratoire pour lesquels les mesures de prévention - arrêt du tabac, activité physique, etc. - ont leur rôle à jouer précocement, sans attendre la survenue du trouble ventilatoire obstructif (TVO)" expliquent les pneumologues.
Les principaux signes d’alerte de la pré-BPCO sont une toux chronique, une expectoration (crachats) fréquente et une dyspnée (essoufflements).

Déjà élevés, la prévalence et le retentissement de la bronchopneumopathie chronique obstructive
(BPCO) vont continuer de s’accroître pour devenir bientôt la troisième cause de mortalité dans le monde. "Dans ce contexte, la détection précoce, l’action sur les facteurs précurseurs ainsi qu’une meilleure connaissance de la maladie constituent un enjeu majeur pour sa prise en charge, aujourd’hui et dans les années futures", a expliqué lors du CPLF (29e Congrès de Pneumologie de Langue Française) le docteur Hervé Pegliasco, pneumologue à l’Hôpital Européen de Marseille.

Dans cette dynamique, les spécialistes ont mis en avant la notion de pré-BPCO. "Définie initialement par la Gold (Global Initiative for chronic Obstructive Lung Disease), la pré-BPCO avait été supprimée dans le rapport 2022. Elle vient de retrouver sa place avec la Gold 2023", se félicitent-ils. "La pré-BPCO s’applique aux patients symptomatiques et sans anomalie respiratoire pour lesquels les mesures de prévention - arrêt du tabac, activité physique, etc. - ont leur rôle à jouer précocement, sans attendre la survenue du trouble ventilatoire obstructif (TVO)*", ajoutent-ils.

Symptômes de la pré-BPCO : toux chronique, crachats et essoufflements

Les principaux signes d’alerte de la pré-BPCO sont une toux chronique, une expectoration (crachats) fréquente et une dyspnée (essoufflements). "La détection précoce de la maladie repose sur un interrogatoire permettant de dépister les patients à risque", indiquent les experts. "En France comme dans les autres pays, le sous-diagnostic de la BPCO est très élevé, l'identification de la maladie étant établie le plus souvent à un stade avancé. De fait, la prise en charge démarre lorsque la maladie est déjà bien installée", déplorent-ils.

Sur ce point précis, l’Assurance Maladie indique pourtant "qu’un diagnostic précoce et un traitement adapté permettent de ralentir l'altération de la fonction respiratoire et l'évolution de la BPCO. En l'absence de prise en charge précoce, la maladie s'aggrave".

"L’ensemble des professionnels de santé et les pneumologues doivent donc s’intéresser au développement de la fonction respiratoire et des éléments l’influençant, en pratiquant beaucoup plus tôt une évaluation de cette fonction, notamment en cas de facteurs de risque et de symptômes. Ainsi, l’enfant prématuré et/ou qui fait des infections à répétition, même s’il n’est pas asthmatique, doit faire l’objet d’une surveillance précoce et régulière", conclut le Docteur Hervé Pégliasco.

En France, la BPCO génère plus de 18.000 décès par an 

La Haute Autorité de Santé (HAS) définit la BPCO comme une maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. Elle touche 10 % des 40-64 ans en France et est responsable d’une altération de la qualité de vie, d’hospitalisations ou encore de décès (18.000 Français par an). Les principaux facteurs de risque de cette pathologie sont bien connus : le tabac et les facteurs environnementaux (pollution atmosphérique, chauffage au bois ou au charbon, exposition professionnelle au gaz, aux vapeurs et aux fumées).

*Un trouble ventilatoire obstructif (ou "syndrome obstructif") est dû à un trouble de la ventilation d'origine bronchique (diminution du débit de l'air dans les voies respiratoires) provoqué par un asthme ou par la BPCO.