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Sommeil

Horloge interne : la couleur de la lumière a-t-elle un impact ?

Par Sophie Raffin

Que votre lampe de chevet diffuse une lumière jaune ou bleu aurait peu d'effet sur votre horloge interne, selon une nouvelle étude.

GaudiLab/istock
Selon une nouvelle étude, la couleur de la lumière n'influence pas l'horloge interne humaine ou le sommeil.
Selon les résultats obtenus, ce sont les cellules ganglionnaires, sensibles à la luminosité, qui sont les plus importantes pour l'horloge interne.
Pour les chercheurs, il faudrait prendre en compte les effets de la lumière sur les cellules ganglionnaires lors de la conception de l'éclairage.

La lumière ne nous permet pas uniquement de voir, elle influence aussi notre rythme veille-sommeil, aussi surnommé horloge interne. "Une étude réalisée chez la souris en 2019 a suggéré que la lumière jaunâtre avait une influence plus forte sur l'horloge interne que la lumière bleuâtre.", indique Dr Christine Blume de l’université de Bâle. Face à ces travaux, la spécialiste suisse et les équipes de l'université technique de Munich, ont étudié l'influence de différentes couleurs de lumière sur le corps humain.

Leur conclusion, présentée dans la revue Nature Human Behaviour, avance que l’intensité de la lumière a plus d’impact sur l’horloge interne que sa couleur.

Horloge interne et lumière : les cônes et les cellules ganglionnaires de l'œil au cœur de l’étude

Pour cette recherche, les scientifiques ont exposé 16 volontaires sains à un stimulus lumineux bleuâtre ou jaunâtre pendant une heure en fin de soirée, ainsi qu'à un stimulus lumineux blanc comme condition de contrôle. Les stimuli lumineux ont été conçus de telle manière qu’ils activaient de manière très contrôlée les cônes sensibles aux couleurs de la rétine. En revanche, la stimulation des cellules ganglionnaires de l'œil, sensibles à la luminosité, était la même dans les trois conditions. Ce dispositif permettait que les différences observées dans l’effet de la lumière soient directement imputables à la stimulation respective des cônes et, donc, à la couleur de la lumière.

"Cette méthode de stimulation lumineuse nous permet de séparer de manière expérimentale propre les propriétés de la lumière qui peuvent jouer un rôle dans la manière dont la lumière affecte les humains", explique Manuel Spitschan dans un communiqué, professeur de chronobiologie et de santé à l'Université technique de Munich, qui a également participé à l'étude.

En parallèle, les chercheurs ont évalué combien de temps il fallait aux participants pour s'endormir et quelle était la profondeur de leur sommeil au début de la nuit. Ils ont aussi testé leur capacité de réaction, qui diminue avec l'augmentation de la somnolence.

Horloge interne : les couleurs de la lumière n'ont pas d'effet

Les données recueillies contredisent les résultats de l’étude de 2019 sur les souris. "Nous n'avons trouvé aucune preuve que la variation de la couleur de la lumière le long d'une dimension bleu-jaune joue un rôle pertinent pour l'horloge interne humaine ou le sommeil", explique Dr Christine Blume. "Nos résultats confirment plutôt les conclusions de nombreuses autres études selon lesquelles les cellules ganglionnaires sensibles à la lumière sont les plus importantes pour l'horloge interne humaine", ajoute-t-elle.

Pour les chercheurs, leurs travaux permettent de mieux comprendre les effets de la lumière sur l’organisme et comment les contrer. Manuel Spitschan précise : "nos résultats montrent qu'il est probablement très important de prendre en compte l'effet de la lumière sur les cellules ganglionnaires sensibles à la lumière lors de la planification et de la conception de l'éclairage. La couleur joue donc un rôle très secondaire".